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Traduction par P.-J. Stahl, Lermont.
Bibliothèque d’éducation et de récréation J. Hetzel et Cie (p. 75-87).
CHAPITRE VI


une excursion en chine


« Rose, je vous apporte une nouvelle ordonnance, » dit un matin le docteur Alec, en entrant dans la chambre de sa nièce, une quinzaine de jours environ après la grande surprise qu’il lui avait faite.

Rose leva les yeux en souriant. Elle se plaisait tant dans sa jolie chambre qu’elle y eût volontiers passé tout son temps à coudre ou à lire ; mais son oncle s’opposait formellement au manque d’exercice, et la petite fille, heureuse de lui prouver sa gratitude, lui obéissait complètement. D’ailleurs, les ordonnances de l’oncle Alec n’étaient rien moins que désagréables. Ainsi, la dernière avait été un attirail complet d’outils de jardinage, avec l’injonction de s’en servir au moins trois fois par semaine. Jardiner en compagnie de l’oncle Alec, qui lui racontait, chemin faisant, toutes sortes de choses intéressantes sur les fleurs ou les insectes rencontrés ça et là, c’était une manière d’apprendre l’histoire naturelle qui différait complètement de celle qu’on employait à la pension des demoiselles Power, et Rose avouait naïvement qu’elle préférait de beaucoup la méthode de son oncle.

Elle plia sa tapisserie et la déposa dans sa corbeille à ouvrage.

« Quelle est cette nouvelle ordonnance ? demanda-t-elle gaiement.

— L’eau de mer. Cela vous déplaira peut-être au premier abord, mais vous vous y habituerez.

— Comment la prendrai-je ?

— Vous le verrez tout à l’heure. Commencez par remplacer votre robe par le petit costume marin que la couturière vous a envoyé hier.

— Il fait encore trop froid pour prendre un bain, se dit-elle, et puis il n’y a pas assez longtemps que nous avons fini de déjeuner ; ce doit être une promenade sur l’eau. Dieu que j’ai peur de ces affreux bateaux !…

— Je vais aller vous attendre sur la grève, continua le docteur. Dépêchez-vous, ma mignonne.

— Oui, mon oncle, » répondit Rose d’une voix légèrement étranglée.

Elle se hâta d’endosser le costume en question, qui était en étoffe de laine bleu foncé, orné de tresses blanches et ne craignant ni le soleil ni l’eau de mer. Le petit chapeau de toile cirée, garni d’un ruban aux longs bouts flottants terminés par des ancres dorées, faisait le bonheur de la fillette, qui oublia ses craintes en le contemplant.

Un coup de sifflet la rappela à l’ordre. Elle saisit ses gants, descendit vivement l’escalier, traversa le jardin comme une flèche et arriva en quelques secondes au bord de la mer.

Toute la portion de la grève qui s’étendait au bout du parc appartenait à la famille Campbell. Il y avait là un embarcadère auquel étaient attachés plusieurs bateaux. L’oncle Alec, debout dans une petite barque peinte en bleu, détachait la chaîne qui la retenait au rivage. La frêle embarcation dansait sur la mer comme une coquille de noix ; à cette vue, Rose se prit à trembler. Son oncle ne se doutait nullement de ses terreurs ; un hardi marin comme lui ne pouvait guère s’imaginer à quel point cet enfant était peureuse.

« Que dites-vous de mon bateau ? lui demanda-t-il.

— Il est très joli. Comment l’appelez-vous ?

— Son nom est écrit de ce côté.

— Ah ! la Belle-Rose.

— Oui, je l’ai nommé ainsi en votre honneur. Il est à vous maintenant. Je vous apprendrai à ramer quand vous serez plus forte ; aujourd’hui vous vous contenterez de manœuvrer le gouvernail.

— Je ne pourrai jamais.

— Je vous montrerai ; ce n’est pas bien difficile.

— Est-ce que les bateaux remuent toujours autant que cela ? demanda Rose, ôtant et remettant son chapeau pour retarder l’instant critique de l’embarquement.

— C’est bien autre chose quand la mer est mauvaise.

— Elle n’est pas mauvaise aujourd’hui ? fit la petite fille épouvantée.

— Non, elle est très douce. Il y a quelques nuages à l’horizon, mais le vent ne changera pas avant notre retour. Venez !

— Savez-vous nager, mon oncle ? demanda Rose avant do prendre la main qu’il lui tendait.

— Comme un poisson. Allons, venez.

— Tenez-moi bien, s’écria Rose, je vais tomber !... Ce gouvernail est trop loin !… Oh ! quelle vague ! »

Enfin, après plusieurs petits cris semblables qu’elle ne put retenir, la petite fille se trouva assise à son poste. Elle se cramponnait des deux mains à l’embarcation, et sa figure exprimait un effroi si profond qu’on eût dit qu’elle s’attendait à être engloutie à chaque vague.

L’oncle Alec ne parut pas même s’apercevoir de ses angoisses ; il lui expliquait avec tant de patience comment on manœuvre le gouvernail et comment on serre la voile, que Rose, attentive à se rappeler les termes « bâbord », « tribord », « virer » et « carguer, » ne songea plus à crier à tout propos.

« Où allons-nous ? demanda-t-elle alors.

— Que diriez-vous d’une excursion en Chine ?

— Ne serait-ce pas un trop long voyage ?

— Non, ainsi que je l’entends, il ne me faudra pas plus de vingt minutes pour vous donner un aperçu de la Chine. »

Rose savait que son oncle aimait à lui faire des surprises, et, quoique très intriguée par ses paroles, elle ne le questionna pas davantage. Elle admira en silence le panorama qui se déroulait devant ses yeux, La barque côtoyait le rivage, le long duquel s’étendaient à perte de vue de somptueuses habitations, des parcs aux grands arbres séculaires, des cottages riants, des vergers et des prairies ; plus loin la ville de Newport que Rose ne connaissait pas sous cet aspect. Enfin, au dernier plan, s’élevait, pittoresque et verdoyante, la Colline des Tantes, ainsi appelée parce que les quatre dames Campbell y demeuraient depuis longtemps.

On arriva en vue du port encombré de navires venant de mille pays étrangers. Jamais Rose n’était allée de ce côté ; elle fut ravie de voir cette forêt de mâts au haut desquels flottaient les pavillons de différentes nations.

« Est-ce là que nous allons ? demanda-t-elle.

— Oui, répondit le docteur, un des vaisseaux de l’oncle Mac est arrivé hier de Hong-Kong. Nous le visiterons si vous voulez. Vous voyez que je ne vous trompe pas en vous disant que nous allons faire un petit tour en Chine.

— Quel bonheur ! s’écria Rose. Il n’y a rien que j’aime comme les choses étrangères, et la Chine m’intéresse tout particulièrement, puisque vous l’avez quittée depuis si peu de temps.

— Je vous ferai faire connaissance avec deux Chinois authentiques, Whang-Lo et Fun-See, continua le docteur.

— Oh ! mon oncle, je vous en supplie, ne me les présentez pas ; je serais capable de leur rire au nez ; ils doivent être si cocasses avec leur grande queue et leurs yeux relevés que je ne pourrais jamais garder mon sérieux. Ne vous inquiétez pas plus de moi que si je n’y étais pas. Je regarderai et je vous écouterai, et je suis sûre que je m’amuserai beaucoup.

— Comme il vous plaira, Rosette. Gouvernez vers ce navire : le Rajah. C’est là le but de notre course. »

La Belle-Rose entra dans le port. Que de mouvement ! Avec un petit effort d’imagination, Rose pouvait se croire en réalité en pays étranger. Un mélange confus d’idiomes frappait ses oreilles ; elle respirait des odeurs encore plus étranges, et c’est à peine si elle se reconnaissait dans ce va-et-vient incessant de chaloupes et de marins et dans ce tohu-bohu de robustes portefaix, qui chargeaient et déchargeaient les vaisseaux avec un fort grincement de cordes et de poulies des grues qu’ils manœuvraient.

« Eh bien, Rose, dit l’oncle Alec en mettant le pied sur le Rajah, maintenant que vous n’avez plus peur de l’Océan, cela vous irait-il de faire le tour du monde avec moi ?

— Oh ! oui, mais pas sur ce vaisseau-là ; il sent bien trop mauvais ! Pour voyager, il nous faudrait, comme disait Charlie l’autre jour, un beau yacht élégant, propre et confortable.

— Si vous n’aimez ni l’odeur du goudron, ni celle de l’Océan, s’il vous faut à vous et à Charlie un bateau de plaisance pour vos voyages, vous n’êtes ni l’un ni l’autre de vrais Campbell, » répliqua le docteur.

Puis il ajouta en la conduisant dans la cabine particulière de l’oncle Mac :

« À présent, figurez-vous que nous sommes arrivés à Hong-Kong ou à Canton, et que vous foulez le sol du Céleste Empire. Voici déjà les Chinois. »

Sans la présence de ces deux « indigènes » qui l’intimidaient quelque peu, Rose se fût trouvée parfaitement heureuse dans cette cabine remplie de curiosités. Elle fut assez désappointée au premier coup d’œil : M. Whang-Lo était un homme d’un âge mûr qui avait abandonné le costume de son pays et était vêtu comme le premier Américain venu ; il avait conservé sa peau jaune et ses cheveux huileux, c’était tout, car sa longue queue avait été roulée autour de sa tête, et il causait affaires avec l’oncle Mac presque sans le moindre accent. En un mot, M. Whang-Lo ressemblait aussi peu que possible à l’idéal que Rose s’était forgé d’un Chinois. Mais l’autre, le jeune garçon, Fun-See, offrait le type mongol le mieux réussi. Il était curieux à voir depuis la pointe de ses souliers recourbés par le bout, jusqu’au sommet de son chapeau en forme de pagode. Rien ne lui manquait : ni les robes de soie superposées, ni le large pantalon aux vives couleurs. Il avait les yeux obliques, les cheveux nattés en une longue queue, et la peau jaune comme un citron. Il était Chinois jusqu’au bout de ses ongles, qui étaient, pour le dire en passant, d’une longueur démesurée ! Quoiqu’il fût encore tout jeune, presque enfant, on aurait été tenté, par moments, de lui donner le même âge qu’à son compagnon. Il était petit et trapu et se dandinait en marchant à la façon des poussahs. On eût dit à le voir qu’une des figures chinoises peintes sur les paravents et les potiches de l’oncle Mac s’était détachée vivante de son cadre.

Rose observa en un clin d’œil tous ces détails, et se hâta d’aller se cacher dans un coin entre un dieu de porcelaine jaune et un dragon vert pour échapper aux regards curieux du jeune Fun-See ; mais celui-ci la suivit dans sa retraite et se percha en face d’elle, sur une grande caisse de thé, d’où il la regarda avec autant de curiosité et d’intérêt qu’elle pouvait en avoir elle-même à le contempler.

La pauvre Rose rougit sous ce regard qui ne la quittait pas, et, quoique, dans un aparté, son oncle lui eût raconté pour l’enhardir que Fun-See était venu finir son éducation aux États-Unis, qu’il ne savait que quelques mots d’anglais, et qu’elle, Rose, serait bien gentille de mettre à son aise le jeune étranger, l’embarras de la petite fille ne fit qu’augmenter. Il est vrai que faire connaissance dans de pareilles conditions n’était pas chose facile. Fun-See, toujours dans la même position, branlait la tête comme un mandarin de porcelaine ; Rose dut se mordre les lèvres pour ne pas éclater de rire.

Enfin, l’oncle Mac eut pitié des deux enfants. Il appela le petit Chinois, lui dit quelques mots à l’oreille et le renvoya auprès de Rose avec une grande boîte.

Qu’allait-il sortir de tous ces papiers de soie que Fun-See déployait avec tant d’adresse ? Ce fut d’abord une théière représentant un habitant du Céleste Empire ; son grand chapeau formait le couvercle de la théière, sa natte recourbée servait d’anse, et le thé devait s’écouler par la pipe que tenait à la bouche ce singulier personnage.

Cette grosse figure placide et souriante ressemblait d’une manière si frappante à Fun-See lui-même, que Rose partit d’un éclat de rire involontaire. Son compagnon ne parut pas s’en formaliser, au contraire, et, sans s’émouvoir, il continua à développer un plateau en laque rouge et deux jolies petites tasses avec leurs soucoupes. C’était à donner envie de prendre sur-le-champ une tasse de thé, même à la manière chinoise, sans sucre et sans crème.

Fun-See disposa le tout sur une petite table et fit comprendre à Rose, par une pantomime expressive, que c’était un cadeau que lui faisait l’oncle Mac. La petite fille lui transmit de même ses remerciements ; mais ensuite leur conversation languit forcément, et ils se bornèrent à se regarder mutuellement en souriant.

Tout à coup Fun-See, comme frappé d’une idée subite, dégringola à bas de son siège et sortit de la cabine aussi vite que le lui permettait son costume assez incommode pour marcher. Rose se demanda avec effroi s’il allait par hasard chercher pour les lui offrir des nids d’hirondelles ou des rats rôtis, que la politesse l’obligerait à accepter. En attendant, elle écouta la conversation de ses oncles, avec M. Whang-Lo. Ces messieurs disaient beaucoup de choses intéressantes et instructives, et Rose, qui avait une mémoire excellente, se promit bien d’en retenir le plus possible.

Elle s’efforçait de caser dans un coin de sa mémoire le fait que la ville d’Amoy se trouve à deux cent quatre-vingts milles de Hong-Kong, lorsqu’elle vit revenir Fun-See tout essoufflé. Le jeune Chinois tenait à la main un grand objet long qu’elle prit d’abord pour une épée, mais qui, déployé, se trouva être un gigantesque éventail, qu’il lui présenta galamment avec une kyrielle de compliments malheureusement incompréhensibles pour elle.

Rose fut bientôt absorbée dans la contemplation de ce nouveau cadeau, plus original encore que le précédent. Il n’y avait pas l’ombre de perspective dans les dessins, car les Chinois en ignorent absolument les lois ; mais cela n’en avait que plus de charme à ses yeux.

D’un côté de l’éventail, on voyait une belle dame dont la coiffure extraordinairement compliquée était traversée par deux grandes aiguilles à tricoter, et qui semblait s’être assise sur l’extrémité de la flèche d’une pagode. Du côté opposé, une rivière serpentait dans un paysage idéal, entrait par la fenêtre dans la maison d’un gros mandarin et en ressortait par la cheminée. Enfin, au milieu, un mur en zigzag sillonnait le ciel bleu comme un éclair menaçant, tandis qu’un oiseau à deux queues se reposait sur la tête d’un pêcheur, dont le bateau presque vertical paraissait avoir l’intention d’escalader la lune.

Rose ne se lassait pas de regarder ces images saugrenues. Cependant l’heure s’avançait, et son oncle donna le signal du départ. Le service à thé fut remis dans sa boîte, le bel éventail replié, et Fun-See, grand admirateur de cette petite Américaine aux yeux bleus, si différente de ses compatriotes, la gratifia de ses révérences les plus compliquées, celles que dans son pays on réserve pour « le Fils du Ciel, » autrement dit pour l’Empereur des

Chinois.
Destez - La Petite Rose, illustration page 109.jpg

« Il me semble que je reviens de Chine ! » s’écria Rose en sortant du port.

Par le fait, avec la grande ombrelle bariolée que M. Whang-Lo avait eu l’amabilité d’offrir à Rose au dernier moment et que la petite fille s’était empressée d’ouvrir pour se garantir du soleil absent, avec les nombreux paquets rapportés à l’intention des grand’tantes et les lanternes chinoises que l’oncle Alec destinait au balcon de sa nièce, et qui se balançaient au gré des vents au-dessus de leurs têtes, leur petite embarcation avait véritablement l’air de sortir de Chine.

« Comment trouvez-vous cette manière d’apprendre la géographie ? demanda le docteur.

— On ne peut plus agréable, répondit Rose. J’en ai plus appris en une heure que dans tout le temps que j’ai passé en pension ; cependant je savais toujours bien mes leçons pour les réciter, mais je les oubliais aussi vite que je les avais apprises, et tout ce que je me rappelais ce matin à ce sujet, c’était que les Chinois avaient des pieds microscopiques !… À propos, j’ai vu Fun-See regarder les miens ; il a du les trouver épouvantablement grands, ajouta Rose en regardant ses bottines d’un air de mépris.

— Eh bien, dit l’oncle Alec, puisque ma méthode vous plaît, nous trouverons des cartes et une mappemonde, et je vous raconterai en détail tous mes voyages. Ce sera presque aussi amusant que de les faire en réalité.

— Vous qui aimez tant à voyager, vous allez vous ennuyer ici, mon oncle ! s’écria Rose. Tante Prudence m’a dit hier que vous repartiriez dans un an. Est-ce vrai ?

— C’est très probable.

— Hélas ! dit la petite fille d’un ton désespéré, qu’est-ce que je deviendrai sans vous ? »

La figure du docteur devint radieuse. Quels progrès il avait déjà faits dans le cœur de Rose ! Il n’y avait plus de doutes à avoir : la tâche qu’il s’était imposée réussirait.

« Quand je m’embarquerai, dit-il, je prendrai ma petite amie avec moi.

— Bien vrai ?

— Bien vrai ! »

Rose, oubliant où elle était, sauta de joie, ce qui fit « danser » le bateau d’une façon désordonnée, et l’obligea à se rasseoir aussi précipitamment qu’elle s’était levée.

« Regardez, lui dit tout à coup son oncle, comme ce bateau qui s’avance vers nous est bien dirigé, voyez avec quel ensemble ces marins lèvent et abaissent leurs avirons.

— Eh mais ! répondit-elle, je crois bien que ce sont mes cousins. Oui, voilà Charlie !... Ils vont nous rattraper ! Vite, vite, mon oncle, ne vous laissez pas dépasser ! »

Le docteur obéit en riant, et, quoique les sept cousins fissent force de rames, il serait arrivé le premier au but si le chapeau de Rose ne se fût envolé et ne les eût forcés à s’arrêter pour le repêcher.

Pendant ce temps, les rameurs de l’Albatros s’approchaient de la Belle-Rose.

« D’où venez-vous, cousine ? demanda le prince Charmant.

— De Chine, répondit-elle.

— Avez-vous vu Fun-See ?

— Oui, il est charmant.

— Nous lui avons fait visite ce matin, dit Archie, et il nous adonné un immense cerf-volant qu’il nous apprendra à enlever. Et vous, que rapportez-vous ?

— Voyez !

— Oh ! quel éventail ! s’écria Stève. Est-ce une seconde voile pour votre bateau ? Cela ne m’étonne plus si nous avions de la peine à vous rattraper.

— Et ce parasol, fit Charlie, vous devriez le prêter à Stève qui a toujours peur d’avoir un coup de soleil sur son joli nez aquilin.

— Pourquoi toutes ces lanternes vénitiennes ? demanda Mac. Avez-vous l’intention de nous donner une fête de nuit ?

— Non, dit le docteur, nous rentrons tout simplement pour dîner, et je vous engage à en faire autant. Les nuages s’amoncellent à l’horizon, l’orage ne tardera pas à éclater. Hâtez-vous, mes enfants, votre mère doit déjà être inquiète.

Entendre, c’est obéir, répliqua le chef du clan.

— Adieu, Rose ! adieu, mon oncle ! s’écrièrent en chœur les jeunes marins.

— Quand vous voudrez, cousine, ajouta modestement Charlie, nous vous apprendrons à ramer aussi bien que nous. »

Et l’Albatros s’éloigna rapidement, tandis que la Jolie-Rose continuait sa route en sens inverse.