L’Abîme (Rollinat)/Le Souvenir

L’Abîme : poésie
G. Charpentier et Cie, éditeurs (p. 221-222).


LE SOUVENIR


Le souvenir est un cercueil
Dont le couvercle est diaphane :
Tout notre passé qui se fane
Y tient, visible pour notre œil.

Il ne quitte pas notre seuil,
Qu’on le maudisse ou le profane.
Le souvenir est un cercueil
Dont le couvercle est diaphane.


Et tout ce qui fut notre orgueil,
Passion vraie ou charlatane,
S’y recroqueville et s’y tanne
Dans une poussière de deuil :
Le souvenir est un cercueil.