L’Abîme (Rollinat)/La Dernière Visite

L’Abîme : poésie
G. Charpentier et Cie, éditeurs (p. 105-106).


DERNIÈRE VISITE


Qui frappe si fort et si tard
À la porte de ce cœur vide
Repelotonnant au hasard
Dans l’horreur qui la redévide
Son existence de têtard ?

Le toc toc devient plus mignard,
Plus obséquieux, plus perfide,
Puis, net comme un coup de poignard…
— Qui frappe ?


— Moi ! répond du fond du brouillard
Une espèce de plainte avide.
Et l’octogénaire livide,
Plutôt squelette que vieillard
Court ouvrir au péché paillard
Qui frappe.