L’Abîme (Rollinat)/L’Espion

L’Abîme : poésie
G. Charpentier et Cie, éditeurs (p. 33-34).


L’ESPION


Entre le matin qui regarde
Et le crépuscule qui voit,
On dissimule au fond de soi
Le mauvais levain qu’on y garde

La nuit venue, on décafarde.
À demain le mensonge adroit
Entre le matin qui regarde
Et le crépuscule qui voit !


Mais dans ses méfaits on s’attarde,
On s’oublie, et l’ombre décroît,
Et tout à coup quand on se croit
Bien clos à la clarté moucharde.
Entre le matin qui regarde !