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L’éphèbe (Mendès)

PhilomélaJ. Hetzel, libraire-éditeur (p. 183-184).
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L’ÉPHÈBE



Jeune homme, sur ton front neigeux comme l’hermine
Ta chevelure allume un céleste halo ;
Ta joue immaculée où l’incarnat domine
Eût ravi cet amant des roses, Murillo !


À l’époque païenne où Narcisse chemine,
Amoureux de ses pieds d’ivoire, au bord de l’eau,
La Grèce eût reconnu, voyant ta belle mine,
Le frère de Diane ou la sœur d’Apollo !

Mais ces fronts éclatants de lueurs souveraines,
Les Dieux, sont en mépris, les Dieux sont au tombeau ;
Le nocher n’ouït plus la chanson des Sirènes,

Le ceste de Vénus est un vague lambeau ;
Toi seul, posthume enfant des époques sereines,
Tu portes fièrement la honte d’être beau !