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Canidie sonnet2 (Mendès)

PhilomélaJ. Hetzel, libraire-éditeur (p. 181-182).

CANIDIE



Maîtresse, il faut de l’air aux ailes de ma joie !
Tu jetteras demain, dès l’heure où l’aube naît,
Ton manteau de drap fin sur ta robe de soie,
Et nous irons revoir le bois du Vesinet !


Le fleuve a son courant, le pèlerin sa voie,
La colombe a son nid qu’elle seule connaît ;
Mes frères, nous allons où le ciel nous envoie !

Je te voudrais sans tache et je te sais infâme,
N’importe ! Je t’adore et cède au Mal vainqueur ;
C’est mon destin d’aller me brûler à ta flamme,
Je subis gravement l’arrêt du sort moqueur.

Et je dirai plus tard, insoucieux du blâme :
Elle n’avait pas d’âme et n’avait pas de cœur,
Mais elle avait des sens qui valaient mieux qu’une âme !