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LXXIX.

D’OCTAVE À JACQUES.

Je répondrai à vos questions avec la franchise et la confiance d’un homme sûr de lui :

1o Je savais, en quittant la Touraine, que vous étiez informé de ce qui s’est passé entre elle et moi ;

2° Je suis venu ici pour vous offrir ma vie en réparation de l’outrage et du tort que je vous ai fait ; si vous êtes généreux envers elle, je découvrirai ma poitrine, et je vous prierai de tirer sur moi ou de me frapper avec l’épée, moi les mains vides ; mais si vous devez vous venger sur elle, je vous disputerai ma vie et je tâcherai de vous tuer ;

3o J’ai pour elle un attachement si profond et si vrai, que, si vous devez l’abandonner soit par la mort, soit par le ressentiment, je fais serment de lui consacrer ma vie tout entière, et de réparer ainsi, autant que possible, le mal que je lui ai fait.

Adieu, Jacques. Je suis malheureux, mais je ne peux pas vous dire ce que je souffre à cause de vous ; si vous voulez vous venger de moi, vous devez désirer de me trouver debout. Je serais un lâche si je vous implorais ; je serais un impudent si je vous bravais ; mais je dois vous attendre, et je vous attends. Décidez-vous.