Fragments d’histoire/31

Imprimerie officielle (p. 65).


RUE BOUILLÉ


Du nom de deux anciens Gouverneurs de la Martinique, le marquis de Bouillé et le comte de Bouillé. Elle a été récemment élargie.

Le magasin de la marine y a une de ses entrées.

La partie de l’Arsenal qui longe cette rue du côté de la mer logeait le magasin des poudres réglementaires. Le mur de façade porte le millésime de 1829 et la première pierre en a été posée le 29 janvier 1828 par le Comte de Bouillé. Aux nos 9 et 13 l’hôtel moderne et l’hôtel national.

Vient ensuite l’ancienne Place des Ancres où ont été construits récemment les ateliers, les bureaux et le logement du directeur de l’imprimerie officielle, appelée aussi imprimerie du gouvernement et créée par arrêté du 1er février 1859[1]. Il y existait autrefois — vers 1858 — des constructions affectées au logement des immigrants chinois. Le terrain a été attribué à la colonie lors de la répartition faite en Conseil privé le 4 août 1826 des biens domaniaux entre les services guerre, marine et colonie, en vertu d’une ordonnance royale du 17 août 1825.

On lit dans une lettre datée de Fort Royal et adressée par Francis des Bobert au directeur du courrier de la Guadeloupe le 14 janvier 1839 (trois jours après le tremblement de terre qui détruisit la ville) : « une tente élégante ornée de pavillons de la station a été dressée sur la place des Ancres pour le service divin, un autel s’est improvisé. C’est dimanche dernier, 13 janvier, que sous ce pavois le préfet apostolique a célébré la Sainte-Messe et demandé grâce pour nous ».

Cette rue aboutissait à un édicule qui servait de logement au gardien du Polygone.

  1. B. O. Martinique, année 1859.