Fragments d’histoire/23

Imprimerie officielle (p. 59-60).

RUE VICTOR-HUGO


Était en bordure de la mer en 1682. S’appela d’abord rue Royale[1], rue Grande[2] et Grand’Rue.

La pose de la plaque portant le nom de Victor Hugo a eu lieu le 12 juillet 1885 à la partie de la Grand’rue qui touche à la Savane. Au cours de la cérémonie, le Gouverneur, M. Allègre, donna la parole, pour une longue et belle conférence, à M. Victor Cochinat « parce qu’il a eu l’honneur d’être admis dans l’intimité du grand poëte qui a illustré le siècle, la France et l’Univers entier[3] ».

On dit généralement que cette rue recouvre une carrière qui part du Fort Saint-Louis et que cette partie de la voie qui ne fut pas couverte de marécage est plus solide que le reste. Il y avait là ou dans cette direction « une étroite bande de terre ferme qui continuait la presqu’île Saint-Louis en direction de la rivière[4]. Elle émergeait au-dessus de la mer et des marécages et rejoignait la presqu’île à la mer[5] ».

Au n° 11, les bureaux du Trésor.

Au n° 53, la Chambre de commerce. Au n° 95, le cours d’apprentissage de la profession de tailleur, créé récemment par la Chambre de Commerce, pendant la présidence de M. D. Suvélor.

C’est dans cette rue que se sont trouvés provisoirement et jusqu’au 22 juin 1890, la Bibliothèque Schœlcher (angle Sud des rues Schœlcher et Victor Hugo - maison Bourgoin) la Mairie et l’École des filles.

La maison à l’angle sud des rues Victor Hugo et de la République (magasin Berté actuel) avait, avant l’incendie du 22 juin 1890, dans le mur d’angle et à l’extérieur, une statuette de la Sainte-Vierge, comme cela se voit encore dans certaines villes de province.

Le Collège Saint-Louis, dirigé par M. A. Vailhé, a occupé le n°88 en 1840 et le n°95 en 1861.

  1. Arch. Min. Plan directeur de la Ville du Fort-Royal.
  2. Code de la Martinique, Tome 8, page 395.
  3. Moniteur de la Martinique, 21 juillet 1885, n° 58.
  4. L’Urbanisme à la Martinique, par M. Raymon Danger, page 2.
  5. Histoire de la Paroisse de Fort-de-France, par le P. Janin.