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CRÉDENCE, Tables ou tablettes disposées près des autels pour recevoir divers objets nécessaires au sacrifice de la messe.
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Thiers dit[1] que, de son temps, la plupart des autels des cathédrales n’avaient point de crédences, mais que « ceux des autres églises en possédaient, les uns deux, l’une à droite, l’autre à gauche ; plusieurs autels n’en ont qu’une à droite, c’est-à-dire du côté de l’épître. » Il ajoute : « Il n’y a que la crédence qui est du côté de l’épître qui serve à mettre le calice, les burettes, le livre des épîtres et les évangiles, etc. Celle qui est à gauche ne sert de rien, si ce n’est pour faire la symétrie, ou tout au plus pour placer quelques chandeliers et quelques violiers. » Au moyen âge, où l’amour pour la symétrie n’était pas poussé à ce point de faire un meuble ou de poser une tablette et une armoire en pendant d’une autre, pour satisfaire à une manie vulgaire, on suivait simplement les premières rubriques du missel romain, qui ne veulent qu’une crédence du côté de l’épître ; encore insinuent-elles qu’on peut s’en passer s’il se trouve une fenêtre, une retraite d’appui près de l’autel, où l’on puisse poser la clochette, les burettes, le bassin et l’essuie-mains qui servent pendant la messe[2]. « Le cérémonial des évêques, continue Thiers, n’en veut qu’une aussi, non plus que Gavantus, les autres cérémoniaux et les autres rubriques ; encore disent-ils qu’on ne s’en doit servir qu’aux messes solennelles, et non point aux autres messes…… Anciennement néanmoins les crédences n’ont été connues ni des Grecs ni des Latins. » Anciennement est un peu vague, et nous trouvons des crédences au-dessus des piscines, ou à côté d’elles, dans des églises bâties au XIIe et au XIIIe siècle, du côté de l’épître (voyez Piscine ). Ces crédences ont souvent la forme de petites armoires où sont de petites niches creusées dans la muraille, avec tablette de pierre en avant. Voici cependant une crédence, du milieu du XIIIe siècle, qui se trouve placée dans l’arcature de la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Séez, fig. 1. La tablette est peu saillante, munie d’un petit rebord, ainsi que l’indique le profil A ; mais la place qu’elle occupe est bien marquée et richement décorée. Au XVe siècle, les crédences près des autels se composent parfois d’une petite pile ou colonnette portant une tablette circulaire ou polygonale (2). Mais ces exemples sont rares, car la plupart de ces objets ont été détruits lorsqu’au siècle dernier on eut la funeste idée de garnir les chapelles de nos églises de boiseries peintes en blanc et or, comme on le faisait pour les boudoirs à la mode d’alors.

  1. Dissert. sur les princip. autels des églises, chap. XXV. 1688.
  2. A parte epistola paretur cereus ad elevationem Sacramenti accendendus, parva campanula, ampullæ vitreæ vini et aquæ, cum pelvicula et manutergio mundo in fenestrella, sen in parva mensa, ad hæc præparata.