De la fréquente Communion.../Partie 1, Chapitre 7

Partie 1, Chapitre 6 De la fréquente Communion... Partie 1, Chapitre 8


Chapitre 7


en quel sens les peres conseillent la frequente communion.

hé ! Qui ne la conseille avec eux ? Mais vous ne nous dites jamais, que la moitié de ce qu’il faut dire. Ce n’est pas assez de nous monstrer, que les peres ont conseillé la frequente communion ; il faut faire voir à qui ils l’ont conseillée. Tous les medecins conseillent le pain et la viande, comme une fort bonne nourriture : s’ensuit-il pour cela qu’ils les conseillent indifferemment à toutes sortes de personnes, et qu’ils en nourrissent les malades, aussi-tost mesme qu’ils sont hors de fievre ? C’est pourquoy je vous conjure au nom de celuy, qui ayant rachepté ses brebis de son propre sang, ne veut pas qu’on les nourrisse du poison d’une mauvaise doctrine ; de nous declarer, si vous croyez, que cette frequente communion, dont les peres parlent, s’estendist égallement aux innocens et aux coupables ; aux justes , et aux penitens . Si vous avez cette creance, je vous feray voir par tous les peres que vous citez, que vous n’estes pas fort intelligent dans leur doctrine : que si vous ne l’avez pas ; vous abusez de l’ignorance des autres dans une matiere aussi importante que la conduite des ames ; leur faisant accroire, que suivant l’esprit des peres, ils doivent communier souvent, au lieu qu’en l’estat où une grande partie se trouve, les peres les eussent retranchez pour long-temps de la veuë mesme des mysteres.