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Œuvres complètes - Tome IIIVaniervolume III (p. 61-62).

VII


 
Aux tripes d’un chien pendu
Tu m’assimiles parfois.
M’engueulant de cette voix
Idoine à ce propos dû.

Tu me dis, robuste et grasse,
Assez souvent, qu’un beau jour
Ce serait si bien mon tour
Que le diable en crierait grâce !

Mon tour d’écoper, car tu
Ne te mouches pas du pied
Pour manier comme il sied
La gifle, et c’est ta vertu

De n’avoir pas peur d’un homme.
Fût-il fort comme un millier,
Et ton geste familier
Tu n’en es pas économe…


Ainsi nous nous disputons
(Tu me disputes du moins),
Prenant les dieux à témoins,
Sacrant, jurant, puis battons

En retraite l’un vers l’autre
Après tel combat fatal,
Distraction d’hôpital,
Bonne fille et bon apôtre.

En retraite, oui, nous battons
L’un vers l’autre et nous baisons
Sur la bouche et ces façons
Je les aime encor mieux que des coups de bâtons.


Décembre 1892.