Correspondance de Gustave Flaubert/Tome 6/1116

Louis Conard (Volume 6p. 139-140).

1116. À SA NIÈCE CAROLINE.
Croisset, lundi, 5 heures soir [8 août 1870].

Merci de tes conseils, ma chère Caro, mais, Dieu merci, je les crois inutiles. Il y a cependant, dans ta lettre, apportée par le frère de Daviron[1], deux ou trois expressions qui me mettent la puce à l’oreille.

Comme ton mari doit être en courses continuellement, tu serais bien aimable de me faire une visite, ne serait-elle que de quelques heures. La semaine ne passera pas sans qu’on te voie, n’est-ce pas ?

Ta grand’mère va très bien.

Les habitants de Nogent me paraissent en proie à une horrible venette et « l’automate » est dévissé complètement.

Nous avons eu ce matin à déjeuner le petit Baudry et Philippe. Plus j’y songe, plus je trouve que j’ai besoin de te parler, pour convenir ensemble d’un tas de choses.

Ne te presse pas, car tu recevras de moi, mercredi matin, une lettre qui te donnera des nouvelles de Paris.

Adieu, pauvre loulou. Bon courage ! Je t’embrasse.

Ton vieil oncle qui se ronge de son inaction.


  1. L’employé principal d’Ernest Commanville.