Contes arabes (Basset)/Histoire des dix vizirs/Troisième journée

Ernest Leroux, éditeur (Collection de chansons et de contes populaires, VIIp. 43-44).

TROISIÈME JOURNÉE

Sur la nécessité d’examiner les suites d’une action.


Le troisième jour, le troisième vizir vint trouver le roi et lui dit : « Sire, il ne faut pas négliger l’affaire de ce jeune homme, car sa conduite nous attire le mépris du peuple. Il faut donc le faire périr promptement pour couper court aux rumeurs qui circulent sur notre compte, et ne pas laisser dire que le roi a vu quelqu’un sur son lit avec la reine et qu’il lui a pardonné. » Ce langage affecta le prince et il fit amener le prisonnier qui comparut enchaîné. La colère royale avait été enflammée par les paroles du vizir ; Azâd-bakht s’élança de son trône et dit à son fils : « Homme de vile extraction, tu nous as couverts de honte et tu as nui à notre réputation : il faut absolument que ton âme quitte ce monde. »

« Ô roi, répondit le jeune homme, use de patience dans toutes tes actions : c’est le moyen d’arriver à ton but ; en effet. Dieu très haut récompense la patience par de grands biens : c’est elle qui tira d’un puits Abou-Sâber et le fit asseoir sur un trône. »

« Qu’est-ce qu’Abou-Sâber et quelle est son histoire ? » demanda le prince.