Chronique du 2 août 1873

26 juillet 1873

2 août 1873

9 août 1873

CHRONIQUE

Le météorite d’Hull. — Le 7 juillet dernier, la ville d’Hull, dite aussi Kingston-upon-Hull, située en Angleterre (York), au confluent de l’Humber et de l’Hull, a été mise en émoi par le passage dans le firmament d’un météore d’un éclat inusité. L’aérolithe a décrit dans le ciel une courbe majestueuse, s’étendant sur un arc de deux ou trois degrés ; malgré l’heure avancée de la nuit (1 h. 10), un grand nombre d’habitants ont pu observer cet imposant phénomène. La lumière projetée par le météore était d’une vivacité extraordinaire ; elle a fait sentir son action pendant plus de cinq minutes. La trace lumineuse, d’un blanc éblouissant, paraissait traverser le carré des étoiles de la constellation de la petite Ourse.

Les torpilles prussiennes. — Nous avons récemment parlé des constructions navales de la Prusse (voyez Le Borussia). Un des derniers numéros de la Gazette d’Augsbourg nous donne des renseignements sur une nouvelle torpille offensive, qui a été expérimentée d’après les ordres du gouvernement impérial. Celle torpille est lancée par une chaloupe canonnière dans la direction voulue, et fait explosion à un moment donné quand elle a été dirigée vers le navire ennemi qu’il s’agit d’atteindre. De nouvelles expériences vont être exécutées en pleine mer, et la division des torpilles de la marine prussienne attend un plein succès de ces essais.

Ascensions aérostatiques. — Dans le courant des mois de juin et juillet, M. Eugène Godard a fait une série de campagnes aérostatiques fort intéressantes. Le 26 juin, le célèbre aéronaute a exécuté une fort belle ascension à Dijon, avec son ballon le Météore. Il est descendu tout près de la gare de Langres, après avoir atteint l’altitude de 3 000 mètres, hauteur à laquelle les voyageurs ont contemplé un admirable coucher du soleil ; l’astre disparaissait majestueusement dans un océan de brumes aussi rouges que le sang, et dont l’éclat était tellement intense qu’on eût dit des plaques de fer incandescent. — Le 6 juillet, M. Eugène Godard s’élevait dans les airs devant les habitants de Troyes, et le 16, il recommençait une troisième ascension à Reims. — L’aérostat dans ce dernier voyage a été saisi à 2 800 mètres d’altitude par un vent violent qui l’a entraîné avec une vitesse de 1000 mètres à la minute. Le ballon, en effet n’a pu rester en l’air qu’une demi-heure, et il est descendu à 30 kilomètres de Reims à Saint-Germainmont, canton d’Asfeld, arrondissement de Rethel.