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Chronique du 20 septembre 1873

13 septembre 1873

20 septembre 1873

27 septembre 1873

CHRONIQUE

L’enseignement en Allemagne. — Un journal d’outre-Rhin, la Gazette de Vos, vient de faire paraître une statistique que nous nous empressons de publier : on ne saurait trop montrer la richesse de l’instruction en Allemagne, dans un pays comme le nôtre où, sous ce rapport, la misère est si grande.

D’après les derniers renseignements officiels, l’empire allemand compte 380 gymnases, pro-gymnases et lycées ; 156 écoles latines (en Bavière et Wurtemberg), 270 realschulen ; 12 hautes écoles techniques et polytechniques. La Prusse possède, en outre, 26 écoles provinciales des arts et métiers ; la Saxe 5 écoles de commerce et 4 écoles des arts et métiers et écoles d’architecture ; Saxe-Cobourg-Gotha, 3 écoles de ces deux dernières catégories ; la ville de Hambourg possède une école des métiers pour les garçons et une autre pour les filles. La Bavière compte 33 écoles de métiers, de commerce et d’agriculture ; la Prusse 29 écoles agricoles avec 41 écoles d’hiver d’économie rurale. Le reste de l’empire allemand possède encore 56 écoles appartenant à l’une ou à l’autre de ces catégories.

La Prusse compte 260 écoles publiques supérieures des filles ; le reste de l’Allemagne en compte 54. 143 séminaires pour la formation d’instituteurs et pour leur perfectionnement sont en pleine activité dans l’empire allemand, pendant l’année présente ; l’instruction primaire est donnée dans 60 000 écoles. Tous les États de l’Allemagne ont des écoles pour les sourds-muets et pour les aveugles. La Prusse en possède 35 pour les sourds-muets et 14 pour les aveugles. À l’égard des écoles des métiers artistiques, la Bavière occupe le premier rang, mais le Wurtemberg et la Prusse ont fait dernièrement de grands progrès dans cette direction.

Découverte de sarcophages dans le Calvados. — En traçant à Benerville, près de Deauville, un chemin littoral, on a trouvé, assez près de la surface du sol, trois cercueils, dont la forme semble indiquer l’origine franque. Deux sabres et quelques grands couteaux ont été recueillis dans un état de conservation remarquable ; ils offrent les caractères d’armes analogues, existant dans nos musées, appartenant d’une manière certaine à l’époque des premiers siècles de la monarchie. À côté de ces reliques précieuses, on a encore rencontré une boucle de ceinture et quelques belles agrafes en bronze.

L’expédition aérostatique de M. Wise. — Les journaux que nous recevons de New-York continuent à nous donner de nombreux détails sur la traversée de l’Atlantique en ballon. Ce projet, bien digne d’un intrépide Yankee, excite l’admiration des Américains, et leurs feuilles parlent longuement des préparatifs de l’expédition. On parle de la couture du ballon, de la construction de sa nacelle de sauvetage, de l’approvisionnement de vivres, etc. C’est le succès de feu le Géant de Nadar. Le Scientific American, qui n’est pas ennemi de la gaieté, conseille aux passagers des paquebots transatlantiques d’emporter, pour la traversée de l’Océan, des parapluies en fer-blanc, afin d’amortir le choc du lest que M. Wise pourra jeter sur leurs têtes ! Au moment de mettre sous presse, des feuilles anglaises nous apprennent le départ de l’aérostat. M. Wise a quitté New-York dans les premiers jours de septembre, avec quatre passagers. Jamais semblable exemple de hardiesse ne s’est offert dans l’histoire de l’aérostation. Nous accompagnons de nos vœux sincères cette étonnante expédition.

Les diamants de l’Exposition de Vienne. — C’est depuis fort peu de temps, que l’admirable collection de diamants exposés à Vienne s’est complétée par l’arrivée d’un merveilleux échantillon, le diamant du Cap, dit Stewart-Diamant, le plus gros de son espèce qui ait été trouvé dans l’Afrique du Sud. Sa teinte est légèrement jaunâtre, mais il ne pèse pas moins de 288 carats. On l’a estimé 760 000 francs. Le lot de terre sur lequel ce diamant s’est trouvé, a été vendu 750 francs à un Anglais, M. Spalding, qui l’a cédé bientôt à M. Antonie. Quand le propriétaire mit la main sur le Stewart-Diamant, il en resta pétrifié d’étonnement et de joie. On le porta chez lui, car il était incapable de se tenir debout, et son émotion fut telle qu’il resta pendant deux jours sans pouvoir prendre de nourriture. Le diamant du Cap est placé, à Vienne, au milieu d’une constellation de pierres précieuses de la plus grande richesse, qu’entourent sans cesse une foule de visiteurs, attirés par les feux de ces pierreries, comme les alouettes par les reflets des miroirs.

Concours de groseilles en Angleterre. — On cherche à tout améliorer en Angleterre, et les concours sont multipliés pour toutes espèces de produits. Dans le mois dernier, dit le Journal de l’agriculture, nous pouvons citer comme caractéristiques les concours qui ont eu lieu pour les plus belles groseilles. Il n’est, pour ainsi dire, pas de petite ville du centre et du nord de l’Angleterre qui n’ait des exhibitions de ce genre. Les concours de Lancashire sont surtout célèbres, et à Manchester, on voit exposées des groseilles d’un poids énorme. À l’Exposition de Newark, le premier prix a été remporté par M. Egglestone, qui avait exposé des groseilles rouges du poids moyen de 41 grammes. D’autres récompenses ont été décernées, en grand nombre, pour des groseilles dont le poids dépassait 30 grammes.