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CHANSON X.


es-tu, belle Yaouna ? Le roi s’éveille, sa main amoureuse s’étend pour caresser tes charmes ; où es-tu, coupable Yaouna ? Dans les bras d’un nouvel amant, tu goûtes des plaisirs tranquilles, des plaisirs délicieux. Ah ! presse-toi de les goûter ; ce sont les derniers de ta vie.

La colère du roi est terrible. — Gardes, volez, trouvez Yaouna et l’insolent qui reçoit ses caresses.

Ils arrivent nus et enchaînés. Un reste de volupté se mêle dans leurs yeux à la frayeur. — Vous avez tous deux mérité la mort, vous la recevrez tous deux. Jeune audacieux, prends cette zagaye, et frappe ta maîtresse.

Le jeune homme frémit ; il recula trois pas, et couvrit ses yeux avec ses mains. Cependant la tendre Yaouna tournoit sur lui des regards plus doux que le miel du printems, des regards où l’amour brilloit au travers des larmes. Le roi furieux saisit la zagaye redoutable, et la lance avec vigueur. Yaouna frappée chancelle ; ses beaux yeux se ferment, et le dernier soupir entr’ouvre sa bouche mourante. Son malheureux amant jette un cri d’horreur ; j’ai entendu ce cri, il a retenti dans mon ame, et son souvenir me fait frissonner. Il reçoit en même tems le coup funeste, et tombe sur le corps de son amante.

Infortunés ! dormez ensemble, dormez en paix dans le silence du tombeau.


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