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Brown & Gilmore, imprimeurs de la Province (p. 88-90).

XLVIII. Du 2. Commandement.

Dieu en vain tu ne jureras, ni autre choſe pareillement.

D. QU’eſt ce que Dieu défend par ce Commandement ?
R. Il défend, 1. De Jurer mal-à-propos. 2. De blaſphémer. 3. De faire des imprécations contre ſoi ou contre le prochain.
D. Qu’eſt-ce que Jurer ?
R. C’eſt prendre Dieu à témoin par lui-même, ou par quelqu’une de ſes créatures, de la vérité de ce qu’on dit.
D. En combien de manieres jure-t’on mal-à-propos ?
R. 1. En jurant contre la vérité ; c’eſt ce qu’on appelle parjure.
2. En jurant ſelon la vérité, mais ſans néceſſité.
3. En jurant de faire quelque choſe de criminel.
D. Celui qui a juré de faire une mauvaiſe action,

comme de battre quelqu’un, eſt-il obligé d’accomplir ſon jurement.
R. Non. il feroit un ſecond péché en accompliſſant ſon jurement.
D. Si on a juré de faire quelque choſe loüable, eſt-on obligé de l’executer ?
R. Oüi, on y eſt obligé, ſi en cela on ne fait point de tort au prochain.
D. N’y a-t’il point d’occaſions où il ſoit permis de jurer ?
R. Oüi, par exemple ; quand le Juge l’ordonne & que le ſerment qu’on fait, eſt ſelon la vérité,
D. Qu’eſt-ce que le Blaſphême ?
R. C’eſt une parole injurieuſe contre Dieu, ou ſes Saints, ou la Religion : & c’eſt un crime énorme.
D. Qui ſont ceux qui péchent encore contre ce Commandement ?
R. Ceux qui par colere ou autrement diſent qu’ils ſe ſouhaitent ou aux autres la mort, ou la damnation, ou la peſte, ou la poſſeſſion du démon.
D. Que nous eſt-il encore ordonné par ce Commandement ?
R. Il eſt ordonné d’accomplir les Voeux qu’on a faits.
D. Qu’eſt-ce qu’un Voeux ?
R. C’eſt une promeſſe faite à dieu, par laquelle on veut s’obliger de faire à ſon honneur, ou à celui des Saints, quelque action de piété.
D. Péche-t’on en n’accompliſſant pas les voeux qu’on a faits ?
R. Oüi, c’eſt un grand péché de ne les pas accomplir.
D. Eſt-ce une choſe agréable à dieu de faire des voeux ?

R. Oüi, c’eſt une bonne action, mais qu’il ne faut pas faire légérement.
Martyre de St. Jean, ſuite du ſerment téméraire d’Herode. St. Matthieu, chap. 14.
PRATIQUES. 1. Si on eſt habitué à quelque jurement s’impoſer une peine chaque fois qu'on y tombe, pour s’en corriger.
2. Se corriger de certains juremens, qui quoiqu’ils ne ſignifient rien, approche de ceux ou ou profane le nom de Dieu.
3. Ne point faire de voeu, ſur tout en matiere conſidérable, ſans conſulter ſon Confeſſeur.