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Brown & Gilmore, imprimeurs de la Province (p. 68-70).

XXXVI. De la Satisfaction.

D. QU’eſt-ce que la Satisfaction ?
R. C’eſt une réparation qu’on doit à dieu et au prochain pour l’injure qu’on lui a faite.
D. pour faire une bonne confeſſion, eſt-il néceſſaire d’être réſolu de ſatisfaire à dieu et à ſon prochain !
R. Cela eſt ſi néceſſaire, que ſans cette réſolution on ne reçoit point l’ablolution de ſes péchez.
D. Eſt on encore obligé de ſatisfaire à dieu, après que le péché eſt pardonné ?
R. Oüi, car la peine éternelle eſt alors changée en une peine temporelle, qu’il faut ſouffrir en cette vie ou en l’autre.
D. Comment ſatisfaiſons-uous à dieu pour cette peine temporelle ?
R. En accompliſſiant des oeuvres de pénitence avec la grace de Jeſus-Chriſt, par qui ſeul nous pouvons mériter et ſatisfaire.

D. Quelles ſont ces oeuvres de pénitence, par leſquelles nous ſatisfaiſons à dieu ?
R. Ce ſont principalement celles qui nous ſont impoſées par le Confeſſeur.
D. Eſt-on obligé d’accomplir la pénitence que le Confeſſeur impoſe ?
R. Oüi, on y eſt obligé ſous peine de péché.
D. Un véritable pénitent, et qui veut ſincérement expier ſes péchez, ſe contente-t’il de la pénitence impoſée par le Confeſſeur ?
R. Non, il fait pénitence tous les jours de ſa vie.
D. Eſt-ce aſſez de ſatisfaire à dieu ?
R. Non, il faut encore ſatisfaire à ſon prochain, ſi on l’a offenſé.
D. Comment ſatisfait-on au prochain ?
R. En réparant le tort qu’on lui a fait dans ſa perfonne, ſes biens, ou ſon honneur.
D. Expliquez cela plus particulierement ?
R. Il faut pour cela, 1. Dédommager ſon prochain du tort qu’on lui a cauſé dans ſes biens.
2. Réparer la réputation ſi on l’a bleſſée.
3. Lui démander pardon ſi on l’a inſulté.
4. Se réconciler avec ſes ennemis.
5. Réparer le ſcandale qu’on a donné.

Achab qui prend la vigne de Naboth, et ſa fauſſe pénitence. 3. Liv. des Rois, chap. 21.
PRATIQUES. 1. Ne point diſputer avec ſon Confeſſeur ſur les pénitences qu'il impoſe, et les accepter ſans réſiſtance, ſi on peut les accomplir.
2. A chaque Confeſſion ajouter quelque pratique de mortification à la pénitence impoſée par ſon Confeſſeur.
3. Lorſqu’on on accomplit ſa pénitence, l’offrit à Dieu en union de celle que Jeſus-Chriſt a fait pour nos péchez. On peut dire à cette fin :
Mon Dieu, je vous offre avec la pénitence que je vais faire, tout ce que Jeſus-Chriſt mon Sauveur a ſouffert pour mes péchez pendant ſa vie mortelle.