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Mlle MARIE BEAUPRÉ[1]



Il y a dans le monde des natures d’élite qui sont créées pour cultiver le beau, le bien et le vrai, et pour les faire aimer par leurs semblables. Mlle Beaupré nous apparaît comme une de ces natures privilégiées. Elle est naturellement portée vers les choses mystiques et se plaît à donner ses impressions religieuses. Il y a assez longtemps qu’elle écrit, et elle a peut-être écrit aussi souvent que quelques-unes de ses compagnes les plus connues en littérature. Il y a de ses écrits dans le Canada, dans la Presse où elle a succédé à Gaëtane à la rédaction de la page féminine, dans la Kermesse de 1912, dans le Journal de Françoise, dans la Bonne Parole et dans le Foyer. Ils sont signés ou de son pseudonyme « Hélène Dumont », ou de son nom, ou de ses initiales. Ils sont remarquables par le choix du sujet, et sont agréables tout en étant d’ordre moral, religieux, patriotique ou éducationnel. On y observe un grand amour du bien et des qualités maîtresses d’apostolat. Il y a souvent dans sa prose de la poésie. À vrai dire, elle est poète, et comme telle elle nous plaît par la délicatesse de ses sentiments. Ses poésies sont assez nombreuses ; elle devrait les recueillir et les présenter en volume au public. Le fera-t-elle ? Nous avons lu avec charme deux de ses poésies : l’une à son Alma Mater, Villa Maria ou Monkland, publiée dans le Monde Illustré en octobre 1897 ; l’autre : « Les communiantes », publiée dans le livre de Mlle Lanctôt : Fleurs enfantines.

En 1901, Madeleine lui a décerné, dans un article sur les femmes écrivains d’alors, des éloges qu’elle mérite davantage aujourd’hui :

« Mlle Beaupré écrit délicieusement, elle a le souffle poétique et traduit sa pensée avec un charme pénétrant. Toute jeune, notre gentille Montréalaise a devant elle un brillant avenir. Puissent les Muses lui souffler dans une inspiration de se livrer un peu plus à l’admiration sincère de ses compatriotes. »

Mlle Beaupré a évidemment une dévotion spéciale pour S. Antoine de Padoue. En 1918, elle publiait une brochure qui est un exposé de cette dévotion que l’abbé DeLamarre, de la paroisse du Lac Bouchette, a tant contribué à répandre dans le diocèse de Chicoutimi par ses écrits en l’honneur de ce grand saint dans le Messager de St-Antoine.

Ce livre a été bien accueilli dans le monde ecclésiastique et dans nos communautés religieuses.


  1. Fille de feu l’avocat Beaupré, de Montréal, et cousine du Dr Beaupré, oculiste, de Québec.