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Imp. de la Société suisse de Publicité (p. 28-29).

iv. Chez les Étudiants.




Tout le monde admet que, dans une université moderne, la vie physique des étudiants est de grande importance. Mais il semble que le rôle de l’administration doive ici se borner à maintenir autour des manifestations musculaires un état d’esprit bienveillant, et que toute initiative doive être laissée aux jeunes gens. La thèse inverse est en faveur de l’autre côté de l’océan. Non seulement la culture corporelle tend à être considérée comme obligatoire, mais elle donne souvent lieu à des examens comptant pour l’obtention des diplômes de sortie. Je n’hésite pas à dire qu’à mon avis un tel régime appliqué aux étudiants français, même s’il était d’abord accueilli par eux avec faveur, provoquerait certainement dans leurs rangs une prompte et complète réaction.

Quand nos lycéens et nos écoliers auront été par les mesures proposées ci-dessus, bien rompus aux exercices physiques et en auront pris l’habitude, la plupart s’organiseront à l’université pour en poursuivre la pratique, mais rien d’efficace n’y saurait être obtenu à cet égard que par leur libre volonté.

Le rôle des pouvoirs publics, du Président de la République, des ministres, des autorités académiques, des fédérations gymniques et sportives consiste à créer de beaux challenges disputables annuellement les uns entre les universités françaises, les autres entre les diverses Facultés d’une même université. Ces rencontres seront bonnes à tous les points de vue. Elles serviront utilement l’hygiène et la morale ; elles développeront l’esprit de corps et le sentiment de la solidarité. C’est ce qu’avait compris le roi Albert lorsqu’il y a deux ans, il dotait précisément de riches challenges, les universités belges.

Sans vouloir empiéter sur l’indépendance de nos étudiants, ils me permettront d’exprimer le vœu qu’avec l’appui de la Fédération nationale d’Escrime, ils s’efforcent à développer considérablement parmi eux un sport dans lequel nous avons exercé une primauté jusqu’ici reconnue. Si l’escrime présente pour l’adolescent certains inconvénients, elle apparaît chez nous, comme le sport par excellence de l’étudiant.