Vers et ProseTomes 13 à 16, mars 1908 à mars 1909 (p. 252).


VIII

Alassio


Tout le soleil
dans le double miroir du ciel et de la mer,
et, sous un tiède voile d’éther,
des courbes de golfe où se courbent des lames,
de longs caps tendus vers les barques ailées…
Un toit rouge éclate, en soudaine flamme,
aux pentes grises des oliviers ;
le liquide azur s’allume
du vif-argent des écumes ;
l’âme des pins s’évade, envolée…
Et, du rivage à son lointain palais marin,
il s’est ouvert, le Soleil souverain,
pour sa royale marche au rythme égal ―
dans un continuel écroulement
de perles et de diamants ―
toute une large voie étincelante et triomphale.