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List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir La Métempsycose.


LA MÉTEMPSYCOSE


Air du vaudeville de la Robe et des Bottes (Air noté )


Grand partisan de la métempsycose,
En philosophe, hier, sur l’oreiller,
De mes penchants pour connaître la cause,
J’ai mis mon âme en train de babiller.
Elle m’a dit : Tu me dois un beau cierge,
Car sans mon souffle au néant tu restais ;

Mais jusqu’à toi je n’arrivai point vierge.
        — Ah ! mon âme, je m’en doutais,

bis.

        Je m’en doutais, je m’en doutais.

Je m’en souviens, oui, dit-elle, humble lierre,
J’ai couronné jadis des fronts joyeux ;
Puis, échauffant plus subtile matière,
Petit oiseau, je saluai les cieux.
Dans le bocage, auprès des pastourelles,
Je voltigeais, je sautais, je chantais ;
L’indépendance agrandissait mes ailes.
        — Ah ! mon âme, je m’en doutais,
        Je m’en doutais, je m’en doutais.

Je fus Médor, des chiens le plus habile,
Qui, d’un aveugle unique et sûr appui,
Entre ses dents sut prendre une sébile,
Guider son maître et mendier pour lui.

Utile au pauvre, au riche sachant plaire,
Pour nourrir l’un chez l’autre je quêtais.
J’ai fait du bien, puisque j’en ai fait faire.
        — Ah ! mon âme, je m’en doutais,
        Je m’en doutais, je m’en doutais.

Puis j’animai la beauté d’une fille.
Que j’étais bien dans ma douce prison !
Mais de mon gîte on s’empare, on le pille ;
Tous les Amours y mettent garnison.
En vrais soudards ils y faisaient esclandre ;
Et jour et nuit, du coin que j’habitais,
À la maison je voyais le feu prendre.
        — Ah ! mon âme, je m’en doutais,
        Je m’en doutais, je m’en doutais.

Sur tes penchants que mon récit t’éclaire ;
Mais, dit mon âme, apprends aussi de moi
Qu’au ciel un jour ayant osé déplaire,
Pour m’en punir, Dieu m’enferma chez toi.
Veilles, travaux, artifices de femme,
Pleurs, désespoir, et des maux que je tais,
Font qu’un poëte est l’enfer pour une âme.
        — Ah ! mon âme, je m’en doutais,
        Je m’en doutais, je m’en doutais.



Air noté dans Musique des chansons de Béranger :


LA MÉTEMPSYCOSE.

Air de la Robe et des Bottes.
No 229.



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\addlyrics {
Grand par -- ti -- san de la mé -- tem -- psy -- co -- se
En phi -- lo -- sophe hi -- er sur l’o -- reil -- ler
De mes pen -- chans pour con -- naî -- tre la cau -- se
J’ai mis mon âme en train de ba -- bil -- ler
El -- le m’a dit tu me dois un beau cier -- ge
Car sans mon souffle au né -- ant tu res -- tais
Mais jus -- qu’à toi je n’ar -- ri -- vai point vier -- ge
"Ah !" mon â -- me je m’en dou -- tais
Mais jus -- qu’à toi je n’ar -- ri -- vai point vier -- ge
"Ah !" mon â -- me je m’en dou -- tais
Je m’en dou -- tais je m’en dou -- tais.
}

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