À travers les grouins/Ballade patriotique sur la louange du colonel Henry

P.-V. Stock, éditeur (p. 52-54).




BALLADE PATRIOTIQUE

sur la louange du colonel Henry


Camp du Drap d’Or et vous lice guerrière
Des Beaumanoir ou des Montgommery,
Quelques héros, poursuivant la carrière,
Ont, de nos jours, vos palmes refleuri.
Les camelots mènent leur hourvari.
C’est Rochefort, Thiébaud et Millevoye,
Arthur Meyer, Judet qui semble une oie,
Et puis Barrès gazouillant da capo,
Si que Drumont ne se tient plus de joie :
L’honneur fleurit à l’ombre du Drapeau.


Après avoir besogné sa prière,
Boisdeffre, comme un abcès trop mûri,
S’est répandu chez la gent huitrière
Des sacristains patriotes. Un cri
D’amour : « Voici le colonel Henry ! »
Est-ce Roland, sir Pandarus de Troie,
Ou Maugiron en armure de soie,
Qui de tranchant et d’estoc fait rampo ?
Tels champions se peut-il que l’on voie ?
L’honneur fleurit à l’ombre du Drapeau.

Le torse nu, portant sous-ventrière
Et maints agnus vantés par G. Méry,
Comme il est beau de rage meurtrière !
Morts du Tonkin et morts de Satory,
Vos officiers (tel Ubu, chez Jarry)
Prennent le sabre et la dague où se noie
Le sang des cœurs, l’atrabile du foie,
Hélas ! Picquart, en lui piquant la peau,
Du sieur Henry le cubital foudroie !
L’honneur fleurit à l’ombre du Drapeau.


envoi



Prince Crozier, successeur de Montjoie,
Le protocole est dans la bonne voie ;
Chaulons noël de Saratow à Pau !
Que l’iris des trois couleurs se déploie :
L’honneur fleurit à l’ombre du Drapeau.