Chez Jean-François Bastien (Tome cinquième. Tome sixièmep. 194-195).
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MARIE.
Moulins.


Quoique je n’aime point les salutations en public, cependant, lorsque nous fûmes au milieu de la place, je m’arrêtai pour faire mon dernier adieu à Marie.

Marie n’étoit pas grande, mais elle étoit bien faite. L’affliction avoit donné à sa physionomie quelque chose de céleste. Elle avoit les traits délicats, et tout ce que le cœur peut désirer dans une femme… Ah ! si elle pouvoit recouvrer son bon sens, et si les traits d’Eliza pouvoient s’effacer de mon esprit, non-seulement Marie mangeroit de mon pain et boiroit dans ma coupe… Je ferois plus, elle seroit reçue dans mon sein, elle seroit ma fille.

Adieu, belle infortunée ; imbibe l’huile et le vin que la compassion d’un étranger verse en passant sur tes blessures… L’être qui deux fois a brisé ton cœur, peut seul le guérir pour toujours.