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Voyage d’un naturaliste autour du monde/Préface de l’auteur

Traduction par Ed. Barbier.
C. Reinwald (p. i-iii).


PRÉFACE DE L’AUTEUR




J’ai dit dans la préface de la première édition de cet ouvrage, et dans la partie zoologique du Voyage du Beagle, à la suite de quelles circonstances je fus amené à me joindre à cette expédition autour du monde. Le capitaine Fitz-Roy, commandant de l’expédition, désirait avoir un naturaliste à bord de son navire et offrait de lui céder partie de son appartement. Je me présentai, et, grâce à l’obligeance du capitaine Beaufort, ingénieur hydrographe, les lords de l’Amirauté voulurent bien accepter mes services. Qu’il me soit donc permis d’exprimer toute ma reconnaissance au capitaine Fitz-Roy, car c’est à lui que je suis redevable d’avoir pu étudier l’histoire naturelle des différents pays que nous avons visités. J’ajoute que, pendant les cinq années que nous avons passées ensemble, j’ai toujours trouvé en lui un ami sincère et dévoué. Je désire aussi exprimer toute ma gratitude aux officiers du Beagle[1], qui ont toujours été pleins de bonté pour moi.

Ce volume contient, sous forme de journal, l’histoire de notre voyage et quelques brèves observations sur l’histoire naturelle et la géologie qui m’ont semblé de nature à intéresser le public. Dans cette nouvelle édition, j’ai considérablement raccourci quelques parties et j’en ai étendu quelques autres, afin de rendre le volume plus accessible à tous les lecteurs. Mais les naturalistes voudront bien se souvenir que, pour les détails, il leur faut consulter les grandes publications qui comprennent les résultats scientifiques de l’expédition. Ainsi, l’ouvrage traitant l’histoire naturelle de l’expédition contient un Mémoire du professeur Owen, sur les mammifères fossiles ; un Mémoire de M. Waterhouse, sur les mammifères vivants ; un Mémoire de M. Gould, sur les oiseaux ; un Mémoire du révérend L. Jenyns, sur les poissons ; et un Mémoire de M. Bell, sur les reptiles. J’ai ajouté à la description de chaque espèce quelques observations sur ses habitudes et son habitat. Ces travaux, que je dois au zèle désintéressé de ces savants, n’auraient pas pu être entrepris sans la libéralité des lords commissaires du Trésor qui, sur la demande du chancelier de l’Échiquier, ont bien voulu nous allouer une somme 1 000 livres sterling pour défrayer partie des dépenses que nécessitait cette publication.

J’ai publié moi-même quelques volumes sur la structure et la distribution des récifs de corail ; sur les Îles volcaniques visitées pendant le voyage du Beagle ; et sur la Géologie de l’Amérique méridionale. Le sixième volume des Geological Transactions contient deux Mémoires que j’ai écrits sur les Blocs erratiques et sur les Phénomènes volcaniques dans l’Amérique méridionale. MM. Waterhouse, Walter, Newman et White ont publié déjà plusieurs Mémoires intéressants sur les insectes que j’ai recueillis et j’espère qu’il en sera publié d’autres encore. Le docteur J. Hooker doit donner, dans son grand ouvrage sur la Flore de l’hémisphère austral, la description des plantes que j’ai rapportées des parties méridionales de l’Amérique. Il a d’ailleurs publié dans les Linnean Transactions un Mémoire séparé sur la flore de l’archipel Galapagos. Le professeur Henslow a publié une liste des plantes que j’ai recueillies aux îles Keeling ; et le révérend J.-M. Berkeley a décrit mes plantes cryptogames.

J’aurai d’ailleurs le plaisir d’indiquer, dans le courant de cet ouvrage, l’assistance que m’ont prêtée plusieurs autres naturalistes distingués. Mais qu’il me soit permis ici de remercier sincèrement le professeur Henslow, car c’est lui qui, alors que je suivais les cours de l’Université de Cambridge, m’a donné le goût de l’histoire naturelle ; c’est lui qui, pendant mon absence, a bien voulu se charger des collections que j’envoyais de temps en temps en Angleterre ; c’est lui enfin qui, par ses lettres, a dirigé mes recherches, et qui, en un mot, s’est toujours montré pour moi l’ami le plus dévoué.


Juin 1845.





  1. Je saisis cette occasion pour remercier tout particulièrement M. Bynoe, médecin du Beagle, qui m’a soigné avec le plus grand dévouement à Valparaiso.