Un été à la campagne/00

Attribué à Poulet-Malassis. (p. Frontisp.-3).
Avant-Propos
Un été à la campagne, 1868 - Frontispice

AVANT-PROPOS.




Les lettres qu’on va lire, correspondance de deux jeunes filles, n’étaient pas, comme il sera facile de s’en convaincre, destinées à la publicité. Comment et par suite de quelles circonstances elles sont tombées entre nos mains, voilà ce qu’il importe peu de faire connaître au lecteur : l’essentiel est qu’elles lui plaisent.

Comme nous ne voulons pas prendre notre monde en traître, nous engageons fort les gens à principes sévères, à mœurs aussi austères, — nous l’espérons du moins, — que leurs principes ; nous engageons fort les chastes, les dévots, les prudes et tous ceux, en un mot, qui ont la prétention de faire leur salut à grand renfort de macérations et de continence, à se bien garder d’ouvrir ce livre, dont la lecture compromettrait gravement, nous les en prévenons, les chances qu’ils peuvent avoir à une stalle numérotée dans le paradis.

En revanche, nous ne saurions trop recommander ces lettres à ceux qui ne prisent dans la vie que ce qu’elle offre d’agréable et d’attrayant ; aux vieillards encore pleins d’imagination, d’ardeur, mais dont les forces, malheureusement, défaillantes, ont besoin d’un léger stimulant ; nous les prescrivons spécialement aux jeunes gens des deux sexes, qui, à peine au seuil de l’existence, ont la louable ambition de s’instruire et de dépenser le plus libéralement et le plus lestement possible la somme de jouissance que dame Nature, dans sa munificence, a bien voulu leur départir.

Cela dit, et sans autre préambule, nous laissons la parole à nos deux aimables correspondantes.