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II

PRÉFACE

Dans des revues et des journaux français, quelques articles concernant la secte des Doukhobors, l’une des plus remarquables des sectes russes, ont paru à diverses époques. Mais chacun de ces articles, écrits le plus souvent à propos d’un événement special de la vie des Doukhobors, ne contenait qu’un bref aperçu de l’histoire si mouvementée de cette secte, et n’en donnait pas le tableau complet et clair.[1]

Le but de ce recueil est de suppléer à ces lacunes.

Écrire une monographie des Doulchobors est un travail si considérable, que nous ne voulons pas la faire attendre au public français, quelques années peut-être, sans lui donner au moins des renseignements exacts et précis sur le grand mouvement de cette secte, mouvement remarquable tant au point de vue social, qu’au point de vue historique et moral. Ces renseignements nous seront fournis par des articles déjà parus et par d’autres, qui jusqu’ici n’ont pas été publiés en français. Les articles qui composent ce recueil ont été écrits à diverses époques et pour divers motifs, aussi demandons-nous au lecteur de n’y pas chercher de lien organique. Leur ensemble donne un tableau assez complet du passé des Doukhobors, de leur vie présente, de leur développement spirituel, des persécutions et des souffrances qu’ils ont endurées pour leur foi.

Et la foi de ces hommes, presque tous naïfs et frustes, à peine effleurés par la civilisation européenne, est si pure, si sublime, qu’elle mérite d’attirer l’attention des plus grands esprits, et celle de la foule qui cherche un modèle de vie, et qui est toujours heureuse de suivre les indications de la vérité. Et nous espérons que ces pages donneront à réfléchir à beaucoup, sur les questions les plus importantes de la vie humaine.

Celui qui écrit ces lignes connaît les Doukhobors, il a vécu avec eux, il a touché les blessures, que leur firent les nogaïki des Cosaques, et, à leur contact, il a puisé les forces morales qui lui ont servi d’appui dans la route difficile de la vie.

P. Birukov.

Onex. Janvier 1902.

  1. Le meilleur article et le plus complet, paru en français sur les Doukhobors, est celui d’Ivan Strannik, publié dans la Revue de Paris du 15 octobre 1901.
    Note du traducteur.