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et d’excellens fromages. Les hommes se livrent aux travaux des champs, aux arts industriels les plus utiles, fabriquent eux-mêmes leurs draps et leurs étoffes, et entretiennent un commerce assez considérable en bétail et en maïs, qu’ils échangent pour du café, du sucre et d’autres denrées. Leurs connaissances ont atteint le niveau de celles des blancs voisins. La plupart, grâce aux missionnaires, savent lire, écrire et compter ; des écoles sont établies dans chaque district, et le gouvernement a depuis peu affecté un territoire de 100,000 acres d’étendue à la dotation et à l’entretien d’un collége. Les Chérokées ont renoncé à la superstition pour embrasser le christianisme. Ils ont revu leurs anciennes lois, et en ont adopté de nouvelles en harmonie avec leurs mœurs actuelles. Ils possèdent aujourd’hui un code de législation écrite, et se sont donné une constitution. La nouvelle Echota, siége de leur gouvernement, renferme déjà une bibliothèque, un musée et une imprimerie, où un Indien nommé Boudinott dirige la publication d’un journal hebdomadaire, intitulé le ''Phénix Chérokée''.
et d’excellens fromages. Les hommes se livrent aux travaux des champs, aux arts industriels les plus utiles, fabriquent eux-mêmes leurs draps et leurs étoffes, et entretiennent un commerce assez considérable en bétail et en maïs, qu’ils échangent pour du café, du sucre et d’autres denrées. Leurs connaissances ont atteint le niveau de celles des blancs voisins. La plupart, grâce aux missionnaires, savent lire, écrire et compter ; des écoles sont établies dans chaque district, et le gouvernement a depuis peu affecté un territoire de 100,000{{lié}}acres d’étendue à la dotation et à l’entretien d’un collége. Les Chérokées ont renoncé à la superstition pour embrasser le christianisme. Ils ont revu leurs anciennes lois, et en ont adopté de nouvelles en harmonie avec leurs mœurs actuelles. Ils possèdent aujourd’hui un code de législation écrite, et se sont donné une constitution. La nouvelle Echota, siége de leur gouvernement, renferme déjà une bibliothèque, un musée et une imprimerie, où un Indien nommé Boudinott dirige la publication d’un journal hebdomadaire, intitulé le ''Phénix Chérokée''.


Ce journal a paru, pour la première fois, le 21 février 1828. Il est publié en anglais, avec une traduction chérokée imprimée en caractères de l’invention d’un Indien nommé Guess. L’idée d’écrire sa langue lui vint d’une manière fort singulière. Étant un jour à Sauta, il entendit plusieurs de ses compatriotes discourir sur la supériorité du talent des blancs. L’un d’eux remarqua, comme une des choses les plus extraordinaires, qu’ils ''couchaient un parler'' sur du papier, et que la personne à qui ils l’adressaient, quoique souvent fort éloignée, le comprenait parfaitement. Guess, après avoir écouté quelque temps la conversation, rompit enfin le silence : « Vous êtes tous des imbéciles, dit-il aux interlocuteurs ; rien au monde n’est plus facile ; j’en puis faire autant. » Il ramassa alors une pierre plate, griffonna dessus avec une épingle, et au bout de quelques minutes, il lut une phrase qu’il y avait tracée, en
Ce journal a paru, pour la première fois, le 21{{lié}}février 1828. Il est publié en anglais, avec une traduction chérokée imprimée en caractères de l’invention d’un Indien nommé Guess. L’idée d’écrire sa langue lui vint d’une manière fort singulière. Étant un jour à Sauta, il entendit plusieurs de ses compatriotes discourir sur la supériorité du talent des blancs. L’un d’eux remarqua, comme une des choses les plus extraordinaires, qu’ils ''couchaient un parler'' sur du papier, et que la personne à qui ils l’adressaient, quoique souvent fort éloignée, le comprenait parfaitement. Guess, après avoir écouté quelque temps la conversation, rompit enfin le silence : « Vous êtes tous des imbéciles, dit-il aux interlocuteurs ; rien au monde n’est plus facile ; j’en puis faire autant. » Il ramassa alors une pierre plate, griffonna dessus avec une épingle, et au bout de quelques minutes, il lut une phrase qu’il y avait tracée, en
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