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chacun des trois pays le caractère de palladium des privilèges et des libertés. Sans dénier la justesse de ce point de vue, il en est un autre toutefois plus important à prendre en considération : c’est la part que joua le hasard en faisant surgir simultanément sur la scène occidentale, aux premières années du {{rom-maj|xvi|16}}{{e|me}} siècle, trois jeunes monarques de vingt ans, ambitieux et sportifs, vrais « virtuoses » selon la recette mise à la mode par l’Italie de la Renaissance.
 
Le virtuose, ce favori du jour, c’était l’audacieux qui se propose de maîtriser la fortune par n’importe quel moyen. On ne réclamait de lui ni respect du droit ni scrupules de conscience mais d’incessantes manifestations d’un arrivisme sans frein. Il suffisait qu’il témoignât de ses aptitudes à tout oser pour que l’emploi parallèle de la ruse et de la violence lui fut permis car on le jugeait « supérieur aux lois communes ». On admettait donc que le mobile prédominant sinon unique de ses actions fut le besoin de satisfaire ses appétits personnels. Le virtuose par ailleurs n’était pas nécessairement un mécréant ; l’on trouvait bon qu’il s’occupât à l’occasion de mettre Dieu de son côté. Il est difficile de se rendre compte à quel degré ce type — que Machiavel, en le décrivant, munit d’un code à l’usage des imitateurs — était devenu populaire. Ceux-là même qui condamnaient les crimes d’un César Borgia<ref name=p15>L’un des nombreux enfants du pape Alexandre {{rom-maj|vi|6}}.</ref>, admiraient secrètement les « contours superbes » de son énergie. Non seulement la péninsule avait retenti du bruit de ses aventures mais l’écho s’en était propagé bien au-delà des frontières italiennes. Les âmes des dirigeants de ce temps étaient comme saturées de cynisme. C’est un point de vue qu’il ne faut jamais négliger si l’on cherche à interpréter de façon sûre leurs calculs et leurs espoirs.
Le virtuose, ce favori du jour, c’était l’audacieux qui se
propose de maîtriser la fortune par n’importe quel moyen. On ne
réclamait de lui ni respect du droit ni scrupules de conscience
mais d’incessantes manifestations d’un arrivisme sans frein. Il
suffisait qu’il témoignât de ses aptitudes’ à tout oser pour que
l’emploi parallèle de la ruse ,et de la violence lui fut permis car
on le jugeait « supérieur aux lois c·ommunes ». On admettait donc
que le mobile prédominant sinon unique de ses actions fut le
besoin de satisfaire ses appétits personnels. L e virtuose par
ailleurs n’était pas nécessairement un mécréant ; l’on t rouvait
bon qu’il s’occupât à l’occasi on de mettre Dieu de son côté. Il est
difficile de se rendre compte à quel degré ce type - que
Machiavel, en le décrivant, munit d’un code : à l’usage des imitateurs
- était devenu populaire. Ceux-là même qui condamnaient
les crimes d’un César Borgia<ref name=p15>L’un des nombreux enfants du pape Alexandre {{rom-maj|vi|6}}.</ref>, admiraient secrètement l es« contours
superbes» de son énergie . Non seulement la péninsule avait
retenti du bruit de ses aventures mais l’écho s’en était propagé
bien au-delà des frontières italiennes . Les âmes des dirigeants de
ce temps étaient comme saturées de cynisme. C’est un point de
vue qu’il ne faut jamais négliger si l’on cherche ! à interpréter de
faç_on sûre leurs calculs et leurs espoirs.
{{astérisme}}
Né à Gand l’an 1500, le futur Charles-Quint se trouvait être l’arrière petit-fils du duc de Bourgogne, Charles le téméraire dont, comme nous l’avons vu, la fille unique, Marie, était morte en 1482 laissant à son mari Maximilien d’Autriche, un fils appelé Philippe. D’ordinaire ces généalogies princières ne valent pas qu’on les relève en détail, les événements ultérieurs en neutralisant plus ou moins la portée. Mais ici ce n’est pas le cas. En
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