Différences entre les versions de « William Shakespeare (Victor Hugo) »

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<center>À PROPOS DE WILLIAM SHAKESPEARE
{{titre|À propos de William Shakespeare<br/>vers 1564-1616|[[Victor Hugo]]|1865}}
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VERS 1564-1616
 
PAR [[Victor Hugo|VICTOR HUGO]]</center>
 
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William Shakespeare naquit à Stratford-sur-Avon, dans une maison sous les tuiles de laquelle était cachée une profession de foi catholique commençant par ces mots : Moi John Shakespeare. John était le père de William. La maison, située dans la ruelle Henley Street, était humble, la chambre où Shakespeare vint au monde était misérable ; des murs blanchis à la chaux, des solives noires s'entrecoupant en croix, au fond une assez large fenêtre avec de petites vitres où l'on peut lire aujourd'hui, parmi d'autres noms, le nom de Walter Scott.
Le peu que vaut notre approbation, nous le donnons sans réserve à cette ouvrage, traduction au point de vue philologique, création au point de vue critique et historique. C'est une oeuvre de solitude. Ces oeuvres-là sont consciencieuses et saines. La vie sévère conseille le travail austère. Le traducteur actuel sera, nous le croyons et toute la haute critique de France, d'Angleterre et d'Allemagne l'a proclamé déjà, le traducteur définitif. Première raison, il est exact; deuxième raison, il est complet. Les difficultés que nous venons d'indiquer, et une foule d'autres, il les a franchement abordées, et, selon nous, résolues. Faisant cette tentative, il s'y est dépensé tout entier. Il a senti, en accomplissant cette tâche, la religion de construire un monument. il y a consacré douze des plus belles années de la vie. Nous trouvons bon qu'un jeune homme ait eu cette gravité. La besogne était malaisée, presque effrayante ; recherches, confrontations de textes, peines, labeurs sans relâche. Il a eu pendant douze années la fièvre de cette grande audace et de cette grande responsabilité. Cela est bien à lui d'avoir voulu cette oeuvre et de l'avoir terminée. Il a de cette façon marqué sa reconnaissance envers deux nations, envers celle dont il est l'hôte et envers celle dont il est le fils. Cette traduction de Shakespeare, c'est, en quelque sorte, le portrait de l'Angleterre envoyé à la France. A une époque où l'on sent approcher l'heure auguste de l'embrassement des peuples, c'est presque un acte, et c'est plus qu'un fait littéraire, il y a quelque chose de pieux et de touchant dans ce don qu'un Français offre à la patrie, d'où nous sommes absents, lui et moi, par notre volonté et avec douleur.
 
HAUTEVILLEHauteville HOUSEHouse, AVRILavril 1865.
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