« L’Odyssée/Traduction Séguier » : différence entre les versions

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==[[Page:Homère - Odyssée, traduction Séguier, Didot, 1896.djvu/15]]==
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{{t2mp|CHANT I}}
{{t3mp|CONSEIL DES DIEUX}}
{{t3mp|EXHORTATION DE MINERVE AÀ TÉLÉMAQUE}}
{{t3mp|FESTIN DES PRÉTENDANTS}}
Muse, dis-moi ce chef aux manœuvres subtiles
Oreste dévoua le radieux Égisthe.
S’étant donc souvenu, Zeus dit aux Immortels :
« Hélas ! à nous blâmer combien l’homme persiste !
Tout le mal vient, dit-il, de la céleste cour.
Mais, en dépit du Sort, l’orgueil fait sa misère.
 
La Déesse aux yeux pers, Minerve, alors réplique :
« 0 mon père, ô Kronide, arbitre souverain,
Certe, Égisthe a péri d’une mort méritée.
Périsse ainsi quiconque agira de ce train !
 
En ces mots riposta l’assembleur de nuages :
« Ma fille, de tes dents quelle parole a fui ?
Comment puis-je oublier notre divin Ulysse,
Cet esprit sans rival, ce cœur si généreux,
 
La déesse aux yeux pers, Minerve, répondit :
« 0 mon père, ô Kronide, arbitre si suprême,
Puisque les dieux béats de mon sage guerrier
Permettent le retour, lançons, à l’instant même,
Prit sa dextre, reçut la longue arme d’airain,
Ensuite l’honora de cette phrase ailée :
« Salut ! nous t’hébergeons, gracieux pérégrin ;
Tu peindras tes besoins, ta personne attablée. »
 
N’effrayât l’étranger au même lieu mangeant.
D’ailleurs l’enfant voulait une odyssée occulte.
Une
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==[[Page:Homère - Odyssée, traduction Séguier, Didot, 1896.djvu/20]]==
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Une esclave bientôt, en un bassin d’argent
Pour leurs mains vida l’eau d’une aiguière dorée,
Et roula devant eux une table en bois lin.
C’était le chant, la danse, ornement d’un repas.
Un page alla remettre une harpe splendide
AÀ Phémius, contraint de rechanter des airs.
Tandis qu’il préludait par un rythme limpide,
Télémaque, penché vers la dive aux yeux pers,
L’entretint doucement, craignant quelque cynique :
« Cher hôte, à mon aveu pardonneras-tu bien ?
Voilà ce qui leur plaît, la danse et la musique.
C’est aisé, quand d’autrui l’on écume le bien,
 
La déesse aux yeux pers, Pallas, dit à son tour :
« AÀ ces questions-là je réponds sans détour.
J’ai l’heur d’être Mentes, fils du brave Anchiale ;
Je commande aux Taphiens, laboureurs de la mer.
Nous réunit ; tu peux consulter là-dessus
Le vieux héros Laërte. On dit qu’il abandonne
AÀ tout jamais la ville, et, constamment peiné,
Vit seul à la campagne avec la vieille bonne
Qui lui sert son repas, quand il s’est bien traîné
 
En ces mots répliqua le prudent Télémaque :
« Étranger, mon propos n’aura rien de menteur.
Je suis, selon ma mère, enfant du roi d’Ithaque ;
Pour moi, qu’en sais-je ? nul ne connut son auteur.
 
La déesse à l’œil bleu, Minerve, repartit :
« Les dieux n’ont pas voulu que l’oubli t’enveloppe,
Puisque tel qu’on te voit t’enfanta Pénélope.
Mais allons, réponds vite et sois franc au débit :
 
Le prudent Télémaque ainsi s’exécuta :
« Mon hôte, à ce sujet puisque tu t’émerveilles,
Sache que riche et pur ce palais-ci resta,
Tout le temps qu’y vécut son héroïque maître.
 
Pallas-Minerve alors, dans son courroux latent :
« Dieux ! que tu dois souffrir de l’absence d’un père
Qui broierait d’une main ces Prétendants couards !
Car, soudain revenu, s’il forçait la barrière,
(Ulysse était allé, sur un prompt bâtiment,
Quérir là des venins, bons pour ses javelines
AÀ la pointe de bronze ; il ne put en avoir
D’Hus, qui redoutait les colères divines ;
Mais mon père, ami tendre, eut soin de l’en pourvoir) :
S’il doit, dans son palais, de ces galants honteux
Tirer vengeance ou non. Quant à toi, je t’engage
AÀ chercher le moyen de les chasser d’ici.
Écoute maintenant, et retiens-moi ceci.
Demain des héros grecs convoque l’assemblage ;
Vois si quelqu’un t’en parle, ou si tu peux entendre
Cette voix de Jupin qui fait l’homme puissant.
AÀ Pylos, chez Nestor, commence par te rendre ;
Puis, dans Sparte, enquiers-toi près du blond Ménélas,
Car des Grecs cuirassés il retourna l’ultime.
 
Le prudent Télémaque ajouta sur ce point :
« Étranger, tu parlas dans un but secourable,
Comme un père à son fils ; je ne l’oublierai point.
Mais allons, reste encor, de ton temps quoique avare.
 
La déesse aux yeux pers, Minerve, à cette invite :
« Cesse de m’attarder, je dois repartir vite.
Mais daigne mettre à part ton cadeau généreux,
Afin qu’en ma patrie, au retour, je l’emporte.
En cercle, ils écoutaient l’élu de Calliope
Chantant le dur retour que Minerve-Pallas,
AÀ la chute de Troie, aux Grecs fournit, hélas !
L’enfant d’Icarius, la chaste Pénélope,
Du palier de sa chambre entendit ces beaux vers.
S’arrêtant sur le seuil de la solide salle,
Elle cacha ses traits sous son voile éclatant ;
AÀ ses côtés veillait chaque serve loyale.
Alors au noble aède elle dit, sanglotant :
« Phémius, tu connais d’autres récits magiques,
Exploits d’hommes, de dieux, familiers aux chanteurs.
Donc sieds-toi, dis-en un durant que, pacifiques,
 
En ces mots intervint le prudent Télémaque :
« Mère, pourquoi gronder l’aède harmonieux
D’obéir à sa veine ? aux luths qu’on ne s’attaque.
Qu’on blâme plutôt Zeus, des cœurs ingénieux
É
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==[[Page:Homère - Odyssée, traduction Séguier, Didot, 1896.djvu/27]]==
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ternelÉternel suggesteur selon sa convenance.
Phémius peut des Grecs chanter le triste sort,
Car la l’ouïe applaudit toujours de préférence
Et tous de Pénélope ils convoitaient le lit.
Adonc l’enfant royal, dont le sens ne faiblit :
« Poursuiveurs de ma mère, empressés à l’injure,
Banquetons maintenant, mais cessez vos abois ;
Car il est bon d’ouïr cet aède canore
Surpris que Télémaque eût ce langage outré.
Soudain Antinoüs, par Eupithe engendré :
« Télémaque, des dieux tu tiendras cette fièvre
D’éloquence subite et d’aperçus hautains.
Puisse Zeus t’empêcher de ceindre dans Ithaque
 
Immédiatement l’avisé Télémaque :
« Antine, devrais-tu te fâcher du propos,
Oui, je voudrais que Zeus m’accordât la couronne.
Prétends-tu que régner soit le pire des maux ?
Un roi n’est pas si mal ! chez lui l’argent foisonne
AÀ l’instant, et lui-même obtient doubles égards.
Mais les Grégeois dans l’île ont toute une milice
De candidats princiers, jeunes gens ou vieillards.
 
L’héritier de Polybe, Eurymachus, réplique :
« Il appartient aux Dieux de dire en leur saison
Qui des Grecs régnera sur l’île ithacéenne.
Pour toi, garde les biens, gouverne ton palais ;
 
Le prudent Télémaque ainsi de repartir :
« Eurymache, c’en est fait du retour de mon père.
Aussi je ne crois plus aux messages verbaux,
Et m’inquiète peu des oracles fort beaux