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L’alliance de la France et de l’Allemagne méridionale est cimentée par la nature des choses. La France, méditant la conquête au-delà du Rhin, serait folle ; refusant son appui, elle manquerait à un devoir européen. L’intérêt de l’humanité peut réunir un jour sous le même drapeau la patrie des Hohenstaufen, de Schiller, et la nation de Napoléon et de Mirabeau.
 
L’alliance de la France et de l’Allemagne méridionale est cimentée par la nature des choses. La France, méditant la conquête au-delà du Rhin, serait folle ; refusant son appui, elle manquerait à un devoir européen. L’intérêt de l’humanité peut réunir un jour sous le même drapeau la patrie des Hohenstaufen, de Schiller, et la nation de Napoléon et de Mirabeau.
   
La Franconie, l’un des neuf cercles de l’ancienne Allemagne, s’est illustrée depuis l’occupation des Francs jusqu’à la fin du XVI{{e}} siècle. Là, les grands corps de l’empire germanique, la féodalité, tant ecclésiastique que séculière, assirent leur puissance, le grand maître de l’ordre teutonique de Mergentheim, l’évêque de Wurtzbourg, l’évêque de Bamberg, puis les états séculiers et les villes impériales. C’est la Franconie que Goëthe nous montre remuée par la main de fer de Goëtz de Berlichingen : cette terre eut plus qu’une autre toutes les agitations de la fin du XV{{e}} siècle et celles du XVI{{e}} elle reçut l’empreinte fraîche et profonde de la foi de Luther ; les passions envahissantes de la réforme et les résistances de la religion catholique s’y choquèrent avec violence. Ces émotions passées ont un témoignage dans les églises qui au XVI{{e}} siècle cessèrent d’être le sanctuaire du vieux culte pour devenir l’écho des croyances de Melanchton. On demeure long-temps rêveur et pensif dans l’enceinte de ces temples dont les murs semblent s’être émus comme les ames, des hommes pour enfermer comme elles une expression plus nouvelle et plus vivante de la vérité. La Franconie offre partout les souvenirs et les inspirations de l’esprit allemand. Schiller a mis en Franconie le château du vieux Moor, il y a mis aussi le berceau et la patrie de cet indomptable Charles qu’il érigeait ; huit ans avant la révolution française, en vengeur de l’humanité. Quand Schiller écrivait ses ''Rauber'', il avait en dégoût son siècle qu’il appelait un siècle de castrats, siècle ne sachant autre chose que commenter les actions de l’antiquité, incapable lui-même d’en produire qui lui appartinssent. Schiller appelait un changement, une vengeance. D’honnêtes personnes ont élaboré contre le poète des déclamations
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La Franconie, l’un des neuf cercles de l’ancienne Allemagne, s’est illustrée depuis l’occupation des Francs jusqu’à la fin du {{s|xvi}}. Là, les grands corps de l’empire germanique, la féodalité, tant ecclésiastique que séculière, assirent leur puissance, le grand maître de l’ordre teutonique de Mergentheim, l’évêque de Wurtzbourg, l’évêque de Bamberg, puis les états séculiers et les villes impériales. C’est la Franconie que Goëthe nous montre remuée par la main de fer de Goëtz de Berlichingen : cette terre eut plus qu’une autre toutes les agitations de la fin du {{s|xv}} et celles du {{s|xvi|e|-}} : elle reçut l’empreinte fraîche et profonde de la foi de Luther ; les passions envahissantes de la réforme et les résistances de la religion catholique s’y choquèrent avec violence. Ces émotions passées ont un témoignage dans les églises qui au {{s|xvi}} cessèrent d’être le sanctuaire du vieux culte pour devenir l’écho des croyances de Melanchton. On demeure long-temps rêveur et pensif dans l’enceinte de ces temples dont les murs semblent s’être émus comme les {{corr|ames,|ames}} des hommes pour enfermer comme elles une expression plus nouvelle et plus vivante de la vérité. La Franconie offre partout les souvenirs et les inspirations de l’esprit allemand. Schiller a mis en Franconie le château du vieux Moor, il y a mis aussi le berceau et la patrie de cet indomptable Charles qu’il érigeait, huit ans avant la révolution française, en vengeur de l’humanité. Quand Schiller écrivait ses ''Rauber'', il avait en dégoût son siècle qu’il appelait un siècle de castrats, siècle ne sachant autre chose que commenter les actions de l’antiquité, incapable lui-même d’en produire qui lui appartinssent. Schiller appelait un changement, une vengeance. D’honnêtes personnes ont élaboré contre le poète des {{tiret|dé|clamations}}
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