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{{tiret|cons|tituent}} l’esprit humain : appétition et perception. Dans une seconde période, qui comprend Haller et Bichat, les phénomènes vitaux sont bien distingués des phénomènes physiques ; mais on se propose moins de chercher s’ils ont un fondement spécial que de les analyser et de les répartir en catégories. Cette période analytique présente une grande analogie avec la période psychologique dont Jouffroy est le principal représentant. Une troisième période commence avec Broussais, et compte comme principal représentant Claude Bernard. On s’élève des phénomènes à leurs principes ; on remonte des facultés vitales à l’irritabilité, mais en bannissant l’idée de pouvoirs mystérieux, et en essayant de ramener cette irritabilité même au mécanisme, suivant le principe cartésien. On introduit ainsi dans la physiologie un déterminisme rigoureux. Pour examiner en quoi consiste essentiellement cette réduction, nous allons nous appuyer sur les ''Éléments de Physiologie'' de {{M.|Beaunis}} et sur le remarquable article du D{{e|r}}{{lié}}Gley, dont nous avons parlé plus haut.
{{tiret2|cons|tituent}} l’esprit humain : appétition et perception. Dans une seconde période, qui comprend Haller et Bichat, les phénomènes vitaux sont bien distingués des phénomènes physiques ; mais on se propose moins de chercher s’ils ont un fondement spécial que de les analyser et de les répartir en catégories. Cette période analytique présente une grande analogie avec la période psychologique dont Jouffroy est le principal représentant. Une troisième période commence avec Broussais, et compte comme principal représentant Claude Bernard. On s’élève des phénomènes à leurs principes ; on remonte des facultés vitales à l’irritabilité, mais en bannissant l’idée de pouvoirs mystérieux, et en essayant de ramener cette irritabilité même au mécanisme, suivant le principe cartésien. On introduit ainsi dans la physiologie un déterminisme rigoureux. Pour examiner en quoi consiste essentiellement cette réduction, nous allons nous appuyer sur les ''Éléments de Physiologie'' de {{M.|Beaunis}} et sur le remarquable article du D{{e|r}}{{lié}}Gley, dont nous avons parlé plus haut.


La science actuelle enseigne que dans l’être vivant : 1{{e|o}} il n’y a pas de spontanéité, 2{{e|o}} la réaction est égale à l’action. L’élément commun de tous les tissus est le protoplasma, lequel n’entre en mouvement que sous l’influence de tel ou tel excitant mécanique, physique ou chimique : ce qui est vrai de l’élément doit être vrai des composés. De plus, chez les êtres vivants, comme dans le monde inorganique, il y a égalité entre l’action et la réaction. C’est ce dont on se rend compte de mieux en mieux en mesurant avec une précision croissante, chez les êtres vivants, la quantité des matériaux fournis et la quantité de travail et de chaleur dépensés. La loi de l’équivalent mécanique de la chaleur s’applique aux êtres
La science actuelle enseigne que dans l’être vivant : 1{{e|o}} il n’y a pas de spontanéité, 2{{e|o}} la réaction est égale à l’action. L’élément commun de tous les tissus est le protoplasma, lequel n’entre en mouvement que sous l’influence de tel ou tel excitant mécanique, physique ou chimique : ce qui est vrai de l’élément doit être vrai des composés. De plus, chez les êtres vivants, comme dans le monde inorganique, il y a égalité entre l’action et la réaction. C’est ce dont on se rend compte de mieux en mieux en mesurant avec une précision croissante, chez les êtres vivants, la quantité des matériaux fournis et la quantité de travail et de chaleur dépensés. La loi de l’équivalent mécanique de la chaleur s’applique aux êtres
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