Romanciers de chez nous/01

Éditions Beauchemin (p. 9-10).


AVIS AUX LECTEURS

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Ces études ont paru, pour la plupart, il y a plus de vingt ans. Les premières datent d’une époque de renouvellement littéraire où la critique essaya d’attirer au livre canadien encore rare, et sous-estimé parce que canadien, une sympathie que les nôtres furent trop lents à lui accorder. Il fallait alors créer de l’estime pour le livre canadien. L’encouragement du public est nécessaire au développement d’une jeune littérature. S’il ne crée pas lui-même les talents, il provoque des efforts qui sont utiles.

Il fallut, pour cette œuvre de rapprochement entre le lecteur canadien-français et les auteurs, mettre dans les jugements littéraires une suffisante bienveillance. La critique au vinaigre est aussi stérile que la critique à l’eau de rose. Nous avons donc cru bon, dans nos Essais et nos Nouveaux Essais , de faire connaître par leur analyse les ouvrages, d’indiquer à côté des faiblesses de fond ou de forme, les qualités que pour l’information du lecteur aussi bien que pour le profit des auteurs, il importait de souligner. Si aujourd’hui il est permis à la critique d’être plus sévère, nous sommes toujours convaincu qu’il y a vingt ou trente ans, notre méthode fut la meilleure. Et cette méthode constitue elle-même, semble-t-il, un document littéraire qui a sa valeur.

Nous prions les lecteurs de ces Essais que réédite, en les groupant selon l’ordre des genres littéraires étudiés, la maison Beauchemin, de se reporter eux-mêmes à l’époque de mésestime du livre canadien où ils furent d’abord publiés.

Les Essais et Nouveaux Essais paraîtront en trois volumes intitulés : Les Historiens de chez nous ; les Poètes de chez nous ; les Romanciers de chez nous.

C. R.



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