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Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsII. 1869-1871 (p. 191-192).


REPOS


La rivière aux flots bleus rêve les soirs d’été.
Elle dessine au loin sa courbe gracieuse
Pour se perdre dans l’ombre ; & le saule & l’yeuse
Reflètent leurs rameaux dans sa limpidité.

L’air est sans bruit, le ciel plein de sérénité.
La rive se recueille & dort silencieuse.
Tout repose. Voici l’heure mystérieuse
Faite de calme intense & d’immobilité.


Le calme est solennel & triste, comme un rêve
De voyage ou d’exil qui jamais ne s’achève.
Parfois, pour animer ce repos accablant,

Un martin-pêcheur file en rasant le feuillage,
Et, sur l’onde où la lune étincelle en tremblant,
Un étroit canot glisse avec son long sillage.