Primavera (Armand Silvestre)

Les Ailes d’or : poésies nouvelles, 1878-1880Bibliothèque-Charpentier (p. 123-124).

PRIMAVERA

Voici que les lis ont ouvert
Leurs cœurs étoilés à la brise
Dont le flot de parfums se brise
Aux murs ombreux du grand bois vert.

Le temps revient des envolées
Pour les rêves et les oiseaux,
Et des aveux au bord des eaux,
Et des serments dans les allées.

Chaque saison porte son heur.
— Comme à la terre, à l’âme humaine,
Voici que le printemps ramène
Tous les mensonges du bonheur !