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Poèmes incongrus/L’Omnibus de la Préfecture

Mac-Nab ()
Poèmes Incongrus : suite aux Poèmes mobiles
Texte établi par Avec une Préface de Voltaire, Léon Vanier, bibliopole (p. 70-71).

L’OMNIBUS DE LA PRÉFECTURE !


Air : Bateau de fleurs.


Pour trimballer son postérieur
Y en a qui grimp’ sur l’impériale ;
Les gens rupins dans l’intérieur
S’empil’ comm’ des ch’mis’ dans un’ malle.
Moi j’voyage en voiture aussi
(C’est pour ménager ma chaussure) :
Pour me ballader j’ai choisi
L’omnibus de la Préfecture !

Dans les omnibus, voyez-vous,
On y voit tout’ espèc’ de monde :
Des zigoyos qu’a l’œil en d’ssous
Et qui barbott’ dans vot’ profonde !
Il s’y fourr’ de drôl’ de clients :
Des curés, d’la magistrature ;
On est bien plus à l’aise dans
L’omnibus de la Préfecture !


Le bourgeois qu’aboul’ ses trois ronds
Il connaît pas l’économie.
Plus souvent que j’donn’rai mes fonds
Aux conducteurs d’la Compagnie !
Moi, pas si bêt’ que j’en ai l’air,
C’est à l’œil que j’roule en voiture :
Il est magnifique et pas cher
L’omnibus de la Préfecture !

Bien des fois on s’dit : « C’est parfait,
J’vas prend’ l’omnibus dans la rue.
Le v’là qui pass’… vlan, c’est complet.
Pendant une heure on fait l’pied d’grue
Sous la plui’, la neige… et voilà
Comment qu’on pince un’ courbature…
Il pos’pas des lapins comm’ça,
L’omnibus de la Préfecture !

C’matin m’arrive un accident…
Comment vous conter la nouvelle ?
Rapport à mes antécédents
J’vas faire un tour à la Nouvelle !
Bien loin de ceusses que j’aimais…
Sous une autre température !
Dir’ que je n’verrai plus jamais
L’omnibus de la Préfecture !