Paroisse de Charlesbourg/05

Imprimerie générale A. Côté et Cie (p. 241-275).

V

Le temps présent


De 1850 à 1886.


MONSIEUR ÉTIENNE PAYMENT


17ème Desservant et 9ème Curé.


Voici ce que dit l’Abbé Tanguay de M. Payment : « Né à Sainte-Geneviève de Berthier, le 29 août 1818, fils de Bernard Payment et de Marguerite Théoret ; ordonné à Sainte-Geneviève, le 31 janvier 1841 ; missionnaire du Lac des Deux Montagnes ; 1842, vicaire à la Baie Saint-Paul et à Saint-Grégoire ; 1845, curé de Sainte-Marguerite ; 1847, de Charlesbourg, où il décède, le 22 novembre 1861, à l’âge de 43 ans. »

Nous voilà donc au temps présent, car tous les paroissiens actuels de Charlesbourg, qui ont plus de trente ans, ont connu M. Payment, qui a laissé de lui dans la paroisse un souvenir qu’on aime à conserver. Son caractère jovial et plein de gaieté, ses manières faciles et conciliantes avec tout le monde, son zèle et son dévouement, ainsi que son cœur généreux et compatissant le faisaient aimer de tous ceux qui avaient quelques rapports avec lui. C’était un de ces hommes qui peuvent avoir des adversaires, mais qui ne sauraient avoir des ennemis. Mais son cœur était plus grand et plus large que sa bourse, et, lorsqu’il n’avait pas l’argent qu’on lui demandait en pur don ou à emprunter, il l’empruntait lui-même pour rendre service. Il ne pouvait refuser. C’est ainsi qu’il est mort endetté de plusieurs centaines de piastres que sa succession n’a pu payer.

Si les paroissiens lui étaient attachés, il ne leur était pas moins attaché lui-même ni moins dévoué. Cependant, il fut quelque temps d’abord persuadé qu’il n’était pas propre à desservir Charlesbourg, et il ne pouvait s’empêcher de regretter la paroisse de Sainte-Marguerite qu’il avait laissée et, le 24 août 1849, il demanda à Mgr Signay à y retourner ; mais ce projet ne put avoir de suite. M. Payment en fut d’abord contrarié, mais la tournure de son caractère heureux ne lui permettait pas de se livrer longtemps au chagrin et à la mélancolie. Il se consola donc bientôt, mit de nouveau la main à la charrue sans plus regarder en arrière, et se dévoua entièrement à la paroisse qui l’aimait et l’estimait et à laquelle il s’attacha fortement lui-même.

C’est pendant que M. Payment était curé, le 28 janvier 1850, que fut érigée canoniquement par Mgr Turgeon, et civilement, en 1856, la paroisse de Saint-Edmond de Stoneham et de Tewsbury comprenant « une partie des fiefs et seigneuries de Saint-Joseph de l’Épinay, d’Orsainville, de Notre-Dame des Anges, de la Trinité, de Grand Pré et de Bourg la Reine, paroisse de Saint-Charles de Charlesbourg. » C’est le dernier démembrement de la paroisse, mais il faut bien remarquer que le territoire ainsi séparé de Charlesbourg ne renfermait point d’habitations.

Le 12 du mois d’août 1850, Mgr Turgeon, qui n’était encore que Coadjuteur de Mgr Signay, fit sa dernière visite épiscopale à Charlesbourg et entre autres ordonnances qu’il fit fut celle de laisser le foin du cimetière sur le lieu même, et défendit de le donner ou de le vendre.

Le 25 septembre de cette même année, il y eut une assemblée des marguilliers dans laquelle on décida de vendre les terres de Vide-Poche et de la Rivière Jaune données à la fabrique par M. Bedard ; mais ce ne fut que le 27 octobre 1855, qu’une nouvelle assemblée des marguilliers autorisa M. Payment et le marguillier en charge, Louis Cloutier, à prendre les mesures nécessaires « pour mettre la fabrique de Charlesbourg en droit de disposer par vente ou autrement des propriétés léguées par M. Bedard pour l’école du Trait-Carré. »

Le 5 décembre de cette même année 1855, M. Payment reçut une lettre de l’Agent des Terres de la Couronne relativement au banc seigneurial. On sait que les Seigneurs avaient droit à un banc particulier dans les églises situées dans leurs seigneuries, lequel droit leur a été enlevé, ainsi que les autres droits honorifiques dont ils jouissaient, lors de l’abolition de la tenure seigneuriale. L’Agent des Terres de la Couronne informait M. Payment dans cette lettre qu’un ordre en Conseil, sanctionné par le Gouverneur Général, le 27 novembre précédent, déclarait que le Gouvernement permettait aux fabriques des paroisses situées dans les seigneuries appartenant à la Couronne de disposer, comme elles l’entendraient, du banc seigneurial jusque là réservé dans chacune de ces paroisses. Comme à Charlesbourg les Seigneurs primitifs étaient les Jésuites, dont les biens sont encore aujourd’hui au pouvoir du gouvernement, on voit pourquoi celui-ci remit à la fabrique de Charlesbourg le banc seigneurial qui fut alors vendu suivant le règlement passé pour les autres bancs.

Le 4 juillet 1856, Mgr Baillargeon, Évêque de Tloa, Coadjuteur de Mgr Turgeon et Administrateur du Diocèse, fit sa première visite épiscopale à Charlesbourg. Cinq ans après, le 1er juillet 1861, le même Évêque n’étant encore qu’Administrateur, fit une seconde visite épiscopale pendant laquelle il approuva une résolution de la fabrique tendant à donner $100 à M. Payment en sus des $120 déjà allouées, afin de lui aider à payer un vicaire dont il avait besoin à raison de la maladie mortelle dont il était atteint et qui devait le conduire au tombeau. Cette démarché spontanée des marguilliers en faveur de leur curé fait comprendre comme on aimait à lui donner des preuves de la sympathie qu’on avait pour lui.

En 1858 M. Payment introduisit dans l’église une amélioration à laquelle l’excellent chœur de chantres qu’il y a à Charlesbourg s’empressa d’applaudir le premier. Après avoir fait agrandir le jubé il y fit placer un harmonium. Cet instrument, qu’on s’efforçait alors d’introduire dans toutes les églises et qu’on a le bon goût, aujourd’hui de remplacer par un orgue, lorsqu’il est possible de le faire, a rendu et rend encore de bons services. Comme il est moins dispendieux et occupe moins de place que l’orgue, la plupart des fabriques ont pu se le procurer, et puis il a puissamment contribué à répandre le goût de la musique. À Charlesbourg il a préparé les voies à l’achat de l’orgue magnifique qu’on entend raisonner aujourd’hui dans l’église et que M. Beaudry, successeur de M. Payment, a fait installer, pour répondre aux vœux des paroissiens.

Depuis le commencement de février 1861 jusqu’à sa mort, arrivée le 22 novembre, M. Payment fut toujours plus ou moins gravement malade et, pendant ce temps, il eut successivement pour lui aider M. Épiphane Lapointe, en mars et avril, puis M. F.-X. Plamondon en mai, juin et jusqu’au 15 juillet. M. Frs-Ignace Paradis vint alors passer quelques jours avec M. Payment et au milieu du mois d’août M. Bureau fut nommé vicaire et après la mort de M. Payment il fut nommé Desservant.

M. Payment fut enterré dans le chœur de l’église de Charlesbourg, le 25 novembre par Mgr Baillargcon en présence de 30 prêtres et d’un grand concours de peuple.


MONSIEUR JOSEPH AIMÉ BUREAU
18ème Desservant.

Monsieur Joseph-Aimé Bureau, né le 5 février 1833, à l’Ange-Gardien, ordonné prêtre à Québec, le 14 septembre 1859, et aujourd’hui curé de Saint-Nicolas, a desservi Charlesbourg depuis la mort de M. Payment jusqu’au 1er octobre de l’année suivante 1862.

Pendant cette desserte de M. Bureau, le 30 mars 1862, il fut décidé que la fabrique achèterait une calèche dont les paroissiens devront se servir pour transporter le prêtre, lorsque celui-ci portera le Saint-Viatique aux malades. Rien de plus convenable, et dans quelques paroisses même aujourd’hui on fait encore mieux, on conduit le prêtre dans un beau carrosse avec fanaux pour la nuit. Non fuit sic ab initio, il n’en était pas ainsi autrefois. Dans notre jeune âge il n’y avait pas un seul quatre-roues ou waggon à Charlesbourg. On ne se croyait pas en moyen, ou plutôt on ne croyait pas qu’il était de son état de rouler carrosse, cela ne pouvait convenir qu’aux bourgeois de la ville. Il n’y avait que quelques rares calèches, énormes par leur solidité, leur ampleur et leurs grandes oreilles, avec deux portes aux côtés, et qu’on ne sortait cependant que dans les beaux temps de l’été seulement Mais, presque pour tous les cultivateurs, des petites charrettes ou cabriolets dont le siège était durement porté sur deux ressorts de bois. C’était avec ces dernières voitures qu’on allait prendre à l’église le prêtre qui apportait le Saint-Viatique aux malades. Celui qui conduisait la voiture, par respect pour le saint sacrement, ne prenait pas place sur le siège, à côté du prêtre, mais s’asseyait misérablement et comme il pouvait sur le devant de cette voiture. Toujours une autre voiture, ou un homme à cheval, précédait, portant un fanal avec lumière et sonnant la cloche, qu’on appelle la cloche des malades, vis-à-vis des maisons habitées ou à la rencontre de quelque personne. Autrefois dans plusieurs paroisses on ne portait pas le Saint Viatique sans voir plusieurs voitures se mettre à la suite de celle où était le prêtre. Comme il est beau encore aujourd’hui à la campagne de voir le respect et la piété des populations au passage du prêtre portant le Saint Sacrement ! Comme il est touchant, dans les beaux jours de l’été surtout, le spectacle de ces familles, vraiment chrétiennes, que l’on voit alors sortir de leurs demeures, s’agenouiller et se prosterner avec respect sur le bord du chemin ; de ces bons cultivateurs qu’on voit au loin dans leurs champs arrêter leurs charrues ou leurs voitures chargées de grain, laisser leur instruments aratoires, mettre bas leurs chapeaux et s’agenouiller avec les sentiments de la foi la plus vive pour adorer leur Dieu et lui demander sa bénédiction !

Pendant la desserte de M. Bureau, dans le mois de septembre 1862, on agita fortement la question du supplément de $120 que la fabrique payait au curé ; on voulait profiter de cet interrègne pour le faire retrancher, comme de fait il fut aboli et ne fut pas payé au successeur de M. Payment. D’abord le 7 septembre il y eut une assemblée dans laquelle on décida de s’adresser à Mgr l’Administrateur pour lui demander d’ôter à la fabrique l’obligation de payer ce supplément et d’en charger les emplacitaires de la paroisse. L’Administrateur goûta peu ce projet et fit demander aux intéressés par son secrétaire de le considérer de nouveau. Le 15 du même mois il y eut donc une nouvelle assemblée dans laquelle on décida de présenter une requête pour le même but à l’Administrateur ; mais, dès le lendemain de cette assemblée, les emplacitaires qui, pour la plupart n’étaient pas présents et n’avaient pas pu par conséquent s’opposer à la mesure proposée, firent une contre requête alléguant que la fabrique pouvait payer ces $120 de supplément, que la charge serait trop forte pour eux qui étaient en petit nombre et que si toutefois on déchargeait la fabrique de payer ces $120, il faudrait en charger au moins tous les paroissiens indistinctement. Ils furent écoutés relativement à ce qui les intéressait plus particulièrement et finalement le supplément fut aboli.


MONSIEUR AUGUSTIN BEAUDRY
19ème Desservant et 10ème Curé.

« Né à la Pointe-aux-Trembles (de Québec), dit l’abbé Tanguay, le 10 juin 1812, fils de Pierre Beaudry et de Félicité Delisle ; ordonné à Québec le 23 septembre 1837 ; vicaire à Québec ; 1844, curé de Ste Famille, Isle d’Orléans ; 1847, curé de la Malbaie ; 1862, (1er octobre) curé de Charlesbourg, » qu’il a desservi pendant 24 ans et 20 jours. Étant malade M. Beaudry a laissé la paroisse, le 21 octobre 1886, et s’est retiré à l’Hôpital-Général où il jouit d’un repos bien mérité par quarante neuf ans d’un ministère des plus actifs. Son zèle, pendant cette longue suite d’années, fut constamment secondé par une santé exceptionnellement bonne et que deux graves accidents seuls, auxquels tout autre que lui n’aurait pu survivre, ont pu lui faire perdre en partie dans l’été de 1886.

M. Beaudry a laissé un excellent souvenir de son séjour dans la paroisse comme curé dévoué à ses paroissiens, régulier en tout, ne regardant pas au travail et à la peine, et abusant en quelque sorte de sa forte santé pour remplir les devoirs de son ministère. Nous pourrions ajouter encore bien des choses à la louange de ce bon prêtre, mais ces éloges mérités pourraient tomber sous ses regards et son humilité en serait blessée : d’ailleurs l’Écriture Sainte défend de louer un homme avant sa mort.

M. Payment était loin d’être un financier, ou plutôt son cœur large et généreux ne lui permettait pas de laisser accumuler l’argent ni dans sa bourse ni dans le coffre de la fabrique, et il avait laissé les affaires pécuniaires de cette dernière dans un état peu prospère. M. Beaudry, homme d’ordre par excellence, ne fut pas longtemps dans la paroisse avant d’inspirer et de rétablir, sous le rapport des finances, la confiance que M. Payment avait ébranlée et on n’hésita pas à lui permettre bientôt de faire les dépenses jugées nécessaires, ou du moins convenables. Ainsi en 1864 il fit dorer la sculpture de l’intérieur de l’église après l’avoir fait repeindre en entier[1], en 1872, il fit faire le jubé qui supporte l’orgue magnifique qui fut inauguré dans l’automne de cette même année ; en 1874 il fit faire le second jubé ; en 1875 il engagea la paroisse à détruire le presbytère bâti par M. Roy et qui était déjà bien détérioré et devenu presqu’inhabitable parcequ’on n’avait pas donné à l’eau l’égout nécessaire. On décida donc, le 13 juin 1875, de détruire le presbytère qui existait, et le 22 du mois d’août, il fut décidé qu’on le remplacerait par un presbytère beau et digne d’une paroisse comme celle de Charlesbourg. Il fut en effet construit sur un beau plan et M. Beaudry en prit possession, en 1876.

Le 7 juin de l’année précédente, 1875, Mgr l’Archevêque Taschereau, aujourd’hui Cardinal, fit sa première visite épiscopale.

Mais ce qui fait surtout l’éloge et la gloire du règne de M. Beaudry à Charlesbourg ce sont les deux institutions à l’établissement desquelles il a donné le plus grand encouragement : le couvent et la chapelle du village de Saint-Pierre, auxquels on a donné le nom heureux de Notre-Dame des Laurentides, et le couvent du Trait-Carré.

Il y a dans presque toutes les paroisses et places importantes, par leur étendue et leur population, ce qu’on appelle des coins noirs où vont se réfugier tous ceux qui n’aiment point le voisinage d’une église ou d’une maison respectable. « Qui se ressemble se rassemble, » dit un proverbe, et c’est ce qui explique pourquoi on voit se grouper ensemble tous ceux qui ont des idées larges et avancées sur le droit de propriété, ceux qui aiment à noyer leurs chagrins dans l’eau de vie, ou qui simplement se complaisent dans le far niente des italiens qu’on peut traduire par repos non nécessaire, ou mieux encore par paresse. La paroisse de Charlesbourg possédait donc autrefois, en deçà de la Côte à Gognette, un de ces petits coins que le Père Bedard appelait quelquefois Capharnaüm et d’où sortaient les vendeurs de pelles, de balais, de fraises, de framboises, de bluets… qu’on voyait sur les marchés de Québec. Les devoirs religieux y étaient souvent négligés et cela faisait gémir un homme de bien, le brave et généreux Chevalier_Muïr, qui aimait à passer les beaux jours de l’été dans la paroisse de Charlesbourg qu’il édifiait par sa tendre piété et où sa mémoire est restée en bénédiction.

Non content d’avoir consacré une partie de sa fortune à faire prospérer l’œuvre si éminemment catholique du Bon Pasteur, qui le regarde à bon droit comme son principal fondateur, il voulut aussi fonder à Charlesbourg une institution destinée à faire beaucoup de bien dans la partie de la paroisse où elle est placée, à une lieue et demie environ au nord de l’église. C’est un couvent et une belle chapelle, dont le bon Chevalier a donné la propriété aux Sœurs du Bon Pasteur de Québec qui en ont pris possession, avec l’approbation de Son Éminence le Cardinal Taschereau.

Elles y donnent l’instruction telle que désirée par le pieux Fondateur, c’est-à-dire, que ces bonnes Sœurs font l’école aux enfants des deux sexes, et le dimanche elles font le catéchisme aux enfants et aux adultes.

« Le Chevalir Muïr, disent les « Annales de l’Asile du Bon Pasteur, » fit l’achat, d’une terre au prix de dix-huit cents piastres »… « C’est le 3 mai 1869, que furent installées les nouvelles Missionnaires. Tout faisait présumer qu’il se ferait un grand bien dans cette localité. Les parents étaient pleins de zèle pour envoyer leurs enfants à l’école qui était à peu près déserte avant l’arrivée des religieuses. »

« 17 août 1869. Première messe dans l’oratoire de la nouvelle mission. M. le curé Beaudry adressa quelques paroles d’édification à l’assistance composée de plus de cent personnes… »

« La ferme donnée aux Religieuses par le Chevalier Muir fut convertie en maison à deux étages ayant pour nom Couvent et la libéralité de son Fondateur y adjoignit bientôt une humble et pieuse chapelle qui a été solennellement bénite le 23 octobre 1876[2]. Mgr l’Archevêque Taschereau présidait à cette cérémonie ayant pour assistants Mgr L. F. Cazeau, les Révérends Auclair, curé de Québec, A. Beaudry, curé de Charlesbourg, P. Lagacé, F. R. Casgrain, P. Roussel et Nap. Laliberté. Étaient présents M. le Chevalier Muïr, les Honorables MM. de Boucherville, Garneau, Chauveau, Ouimet et Caron, MM. Murphy et Lesage. »

« Le Révérend M. Lindsay a fait le sermon de circonstance. »

« Le 29 décembre 1876 nos Sœurs de St.-Pierre de Charlesbourg recevaient une très-précieuse relique : le corps de Ste. Vincence Martyre, que M. le Chevalier Muïr s’était procuré par l’entremise de M. l’Abbé A. A. Blais alors à Rome et dont il enrichit la pieuse chapelle de Notre-Dame des Laurentides. »

« Le 18 février 1877 le Révérend M. Laliberté, Aumônier de l’Archevêché, a scellé la chasse de Ste Vincence formant le tombeau de l’autel principal.

En annonçant au Chevalier Muïr l’envoi du corps de sainte Vincence M. l’Abbé Blais lui disait, dans sa lettre du 29 octobre 1876, que ce corps avait été béni solennellement, le 1er octobre, par Pie IX, en présence d’un grand concours, et qu’il avait fait alors un splendide discours qu’il termina « en promettant une victoire éternelle à tous ceux qui auraient le courage de marcher sur ses traces. »

Par l’entremise encore de M. l’Abbé Blais la chapelle de Notre-Dame des Laurentides a été enrichie, en 1876, d’une belle statue de Saint Pierre bénite de la main de Pie IX et à laquelle il a appliqué 50 jours d’indulgence à perpétuité, en faveur de toute personne qui en baisera le pied avec dévotion.

« Le 21 juillet, continuent les Annales, inauguration d’une statue de N.-D. des Laurentides élevée sur un tertre avoisinant le Couvent. » Il y eut à cette occasion grand’messe, procession, salut, sermon…, une pieuse et belle fête enfin, et qui combla de joie le bon Chevalier Muïr présent à cette inauguration.

« Le 14 janvier 1880, disent encore les Annales, M. le Chevalier Muïr a légué à la Mission de Notre-Dame des Laurentides un montant de huit mille piastres dont les intérêts devront être employés au soutien de la dite Mission. »

Ce citoyen modèle est mort le 7 juillet 1882 et a été enterré le 10 dans l’église de Charlesbourg. Que son corps repose en paix, en attendant le jour où il sera de nouveau réuni à son âme pour jouir avec elle de la récompense promise aux miséricordieux. Beati misericordes.

Le 9 août 1880, les Sœurs du Bon Pasteur furent chargées de la direction de l’école modèle des filles de l’arrondissement du Trait-Carré de Charlesbourg, dans la vieille maison d’école bâtie par M. de Boucherville et donnée à la fabrique par M. Bedard. Elles n’y demeurèrent que trois ans, et en 1883 elles prirent possession d’un magnifique couvent de 70 pieds sur 40, à trois étages et qui est un des plus beaux ornements du Trait-Carré. La paroisse de Charlesbourg peut se glorifier à bon droit d’être une des rares paroisses qui possèdent deux couvents.

Le 21 juin 1886, la paroisse de Charlesbourg eut l’honneur de recevoir la première visite épiscopale faite par Son Éminence le Cardinal Taschereau, après les fêtes splendides qui venaient d’avoir lieu à Québec à l’occasion de l’imposition de la barrette Cardinalice, apportée de Rome par Mgr O’Brien, Délégué de Sa Sainteté Léon XIII. Ce fut une belle et grandiose démonstration, dans laquelle les citoyens de Québec rivalisèrent de zèle avec ceux de Charlesbourg, pour prouver au premier Cardinal créé en Canada, et sortant pour la première fois en cette qualité, combien on était fier et heureux de voir le premier pasteur de l’Archidiocèse de Québec élevé à la haute dignité de Prince de l’Église. Tous les paroissiens de Charlesbourg, portant pavillons et oriflammes, s’étaient transportés au devant du Cardinal dont la voiture était accompagnée d’un grand nombre de carrosses, tirés par deux et même par quatre chevaux et portant l’élite de la société de Québec…

La paroisse dans cette circonstance, comme toujours, fit dignement les choses tant au dehors qu’à l’intérieur de l’église et le souvenir de cette visite est un de ces souvenirs qu’on n’oublie jamais dans une paroisse.

M. Beaudry a eu quatre vicaires pendant les 24 années qu’il a passées à Charlesbourg : M. Lactance Mayrand, son neveu, M. F.-X. Faguy, M. Charles Boulay, Français, et M. Fortunat Bouleau qui est le 25e vicaire que la paroisse a eu depuis sa fondation jusqu’aujourd’hui (1887).

Le lecteur, qui aura eu le courage de nous suivre depuis le commencement de cette histoire jusqu’à présent, ne sera peut-être pas fâché de trouver ici des réflexions que nous n’avons pas eu occasion d’insérer dans le cours de ce récit, mais que nous croyons utiles pour mieux faire connaître la paroisse de Charlesbourg.

Dans des notes historiques que nous avons publiées sur la Baie Saint-Paul nous disions : « Les habitants de la campagne offrent dans leurs mœurs et leurs habitudes une somme de ressemblance qui les font reconnaître et distinguer partout… Cependant presque chaque paroisse présente quelques nuances dans les usages qu’on ne peut pas toujours saisir au premier coup d’œil, mais que l’habitude, de vivre ensemble fait bientôt observer. » — Oui, chaque paroisse est comme une grande famille qui a ses goûts et ses habitudes particulières, sur lesquels se déteignent quelquefois les goûts et les appréciations de quelques membres influents de cette famille et surtout de son père spirituel, lorsqu’il est longtemps à sa tête. Il est vrai que, depuis quelques années, la facilité des communications, qui met en rapport les paroisses les plus éloignées, d’abord entre elles, puis avec les villes et enfin avec nos voisins des États-Unis, tend à faire disparaître ces nuances dans les usages. On doit remarquer toutefois avec un peu de surprise, mais à la louange des habitants des paroisses voisines de Québec, comme celle de Charlesbourg, que dans ces paroisses, mieux qu’ailleurs, on conserve plusieurs des bons usages du temps passé, tout en adoptant à propos les améliorations que le progrès matériel introduit. Malgré leurs rapports habituels avec la ville, les habitants de Charlesbourg en particulier se laissent conduire moins facilement que dans bien d’autres paroisses, surtout pour les habits de semaine, par les exigences de cette Dame capricieuse qu’on appelle la Mode. D’un autre côté ils savent renoncer, quand il le faut, à des usages respectables, il est vrai, par leur ancienneté, mais qu’il importe pourtant d’abandonner, et cela malgré les réclamations d’une autre Dame qu’on appelle la Routine et qui veut toujours conserver ses possessions. En preuve de ce que nous venons de dire nous pouvons citer les améliorations de tout genre introduites depuis quelques années dans la confection des habillements, dans la manière de construire les bâtisses, dans l’ameublements des maisons, dans la manière de cultiver, dans les changements introduits relativement aux instruments aratoires, à l’élevage des animaux…

Cependant le luxe, qui fait irruption partout, s’est aussi implanté dans la paroisse de Charlesbourg. Celui qui en voudrait une preuve n’aurait qu’à se tenir sur le perron de l’église par un beau dimanche d’été ou d’hiver. Il aurait peine à croire que ceux qu’il verrait arriver, dans de beaux wagons en été ou en hiver dans des carrioles couvertes, bien fourrées de peaux, brillantes de vernis et tirées par des chevaux fringants et richement enharnachés, sont des cultivateurs, des paysans, comme on dit en France. Il douterait encore plus, lorsqu’il verrait, sortir de ces voitures de véritables bourgeois et bourgeoises, aux habits de drap fin pour les hommes, et aux costumes du meilleur goût et souvent les plus riches pour les personnes du sexe qui savent de plus y ajouter ces différents petits crève-cœurs que la mode introduit chaque année. Pour mieux en juger encore il pourrait parcourir les maisons de ces riches cultivateurs où la femme Canadienne sait si bien faire régner la plus grande propreté. Il y trouverait, sous le nom de Grand’chambre, des vrais salons dans lesquels se voient souvent des meubles du plus beau bois, des sophas et des chaises de crins, une table de centre du meilleur goût et une bonne partie de ces brinborions qu’on trouve dans les salons des bourgeois de la ville. Mais il faut bien dire aussi avec regret que ce sont ces dépenses, disproportionnées dans plusieurs cas, jointes aux dépenses trop fortes pour les repas, qui ont conduit et conduiront encore peut-être plusieurs habitants à la triste nécessité de vendre la terre et la maison paternelles pour aller, loin de leur belle paroisse natale, vivre dans le chagrin et l’ennui.

Si toutefois on doit déplorer ces dépenses qui conduisent à la ruine, il faut au moins donner des éloges bien mérités aux habitants de Charlesbourg, comme à ceux des autres paroisses voisines de la ville au nord, pour leur amour particulier du travail et pour le bon goût qu’ils ont de conserver dans leurs habillements de la semaine une grande partie des bons usages de nos ancêtres. Si le lecteur veut en juger, sans se donner le trouble de parcourir les maisons, qu’il s’arrête un instant sur les marchés de Québec, surtout sur le marché Jacques-Cartier, et qu’il examine la manière de s’habiller des hommes et des femmes qui y viennent vendre leurs effets en été et en hiver. C’est, pour plusieurs articles de la toilette, à peu près le même costume, propre et convenable, qu’on voyait il y a cinquante ans, à l’exception, pour les femmes, que le chapeau rond a remplacé en été l’antique chapeau à long bec de nos grand’mères, et, pour les hommes, qu’ils n’ont plus en hiver la ceinture fléchée, et souvent ornée de grains de rassades, que les écoliers du Séminaire de Québec et des autres collèges portaient aussi avant la révolution de 1837, qui a été suivie de plusieurs autres révolutions d’un genre différent. Il y a de plus pour les voitures du marché en été un changement en mieux : c’est que la plupart de ces voitures sont couvertes et ont quelquefois sur les côtés des petites tablettes dont on comprend facilement l’utilité.

Qu’on nous permette ici une digression à propos de la ceinture des écoliers dont on vient de dire un mot. On aimait autrefois à porter le capot d’écolier à nervures blanches que tant d’hommes distingués dans le pays ont été fiers de porter. On le laissait avec regret et, comme preuve qu’on y tenait, c’est que souvent le premier habit laïc, ou surtout, que portait un ex-écolier n’était autre chose que le capot d’écolier dont on avait enlevé les nervures. C’est par là qu’on distinguait les clercs de première année. Nous ne savons pas si nous nous trompons, mais il nous semble que les écoliers aujourd’hui n’ont pas l’esprit de leur état, ou mieux n’aiment pas leur état, autant qu’autrefois. À présent, dès qu’un écolier est en vacances, ou dès qu’il peut le faire pendant l’année scolaire, il quitte la marque distinctive de son état, le capot bleu et barré, toujours si respecté de tout le monde et qu’on aime toujours à voir. Il prend l’habit laïc, le surtout, le petit chapeau, les gants, la canne… tout l’extérieur, toute l’apparence du jeune homme du monde. Aussi il ne peut plus guère s’amuser et se réjouir en écolier, comme ses devanciers de l’époque dont nous parlons ; au moins sa manière de passer le temps des vacances est bien différente, — nous parlons des grands écoliers. Il ne croit pas qu’il est de sa dignité de faire plus d’une demie lieue à pied : il lui faut une belle et bonne voiture. Contrairement aux anciens écoliers il ne se donne les plaisirs de la chasse et de la pêche qu’en autant que ces exercices ne lui demandent que peu de fatigue. Autrefois, au contraire, on aimait les exercices violents, le travail des champs et de longues marches, aussi le temps des vacances alors, c’est-à-dire, avant 1840, courant du 15 août à la Saint-Michel, était bien favorable à ces exercices. On ne prenait pas la peine de prendre une voiture pour aller voir un confrère dans les paroisses voisines, on allait à pied, et on ne croyait pas pouvoir sortir de sa paroisse, paraître dans une réunion, et surtout à l’église, sans son capot d’écolier. C’était l’habit d’ordonnance et de cérémonie, et nous sommes loin de croire qu’on avait tort d’en juger ainsi.

Mais revenons au marché.

Aller au marché, voilà un usage propre aux habitants voisins de Québec et passé dans leurs mœurs. Charlesbourg, Beauport et Saint-Ambroise sont bien les trois paroisses dont les habitants fréquentent le plus régulièrement les marchés.[3] On aime à aller au marché ; ordinairement c’est l’intérêt, quelquefois la nécessité et souvent aussi le plaisir du voyage qui engagent à y aller. Le mauvais temps, les mauvais chemins, le froid le plus intense, la chaleur la plus accablante, rien ne peut faire changer la résolution d’aller au marché quand le jour fixé pour s’y rendre est arrivé, surtout si ce jour est un samedi, le jour par excellence du marché. Pour avoir les meilleures places alors on part de grand matin, de très-grand matin ; non seulement on prévient de beaucoup le lever de l’aurore, mais, depuis quelques années, il y en a qui partent la veille, dans l’été, et stationnent tout le reste de la nuit pour y garder leurs places.

À l’exception du foin, de la paille et du bois de cordes que les hommes seuls transportent au marché, tous les autres articles qu’on a à vendre y sont transportés dans des voitures conduites aussi bien par les femmes que par les hommes, mais plus souvent par les femmes. Ce, n’est pas une petite affaire ni un petit travail que de préparer le marché, surtout dans l’été, car dans cette saison la voiture qui part pour le marché est comme un petit magasin, non pas d’une spécialité particulière, mais de tout ce qu’une ferme peut fournir d’effets que l’on peut vendre. Toute la famille y met la main et tout est mis à contribution, surtout le jardin qu’on cultive au point de vue du profit. Pendant que le mari va tuer un veau ou un agneau dont deux ou trois quartiers et souvent même les quatre quartiers sont destinés au marché, pendant qu’il arrache un peu de patates fraiches et d’autres légumes, la femme est dans le jardin occupée à cueillir ou à faire cueillir les fruits de la saison, gadelles, groseilles, pommes, prunes, cerises… ; elle fait faire des petits paquets d’asperges, de sarriette ; fait casser des gousses de fèves et de pois verts. Puis, pendant que les petits garçons vont cueillir des fraises et des framboises, dont la vente est souvent à leur profit, ainsi que la vente des petits oiseaux, quand la loi permet de les prendre et de les vendre, les petites filles préparent les bouquets de fleurs naturelles, les petits paquets de mil pour les oiseaux… et à la maison on compte le nombre d’œufs qu’on peut envoyer ; on place dans un panier proprement recouvert d’une serviette les quelques livres de beurre frais qu’on peut mettre de côté… et on part.

Quant tout, ou à peu près tout, est vendu on va faire quelques emplettes chez les marchands et on le fait avec avantage car on a de l’argent comptant, puis on revient à la maison un peu fatigué, il est vrai, mais content et heureux, surtout si le marché a été bon et la provision de nouvelles à rapporter abondante. Cette dernière circonstance, inséparable de l’usage d’aller au marché, n’est pas ce qu’il y a de moins agréable dans ces voyages, et c’est peut-être ce qui peut faire mieux comprendre le plaisir qu’on éprouve à les faire…

« Oh ! que les cultivateurs seraient heureux, disait un poète ancien, s’ils connaissaient leur bonheur ! » Nous ne savons pas si toutes ces bonnes familles de Charlesbourg, que nous avons connues dans notre jeune âge, avaient cette connaissance de leur bonheur ; mais nous croyons qu’elles étaient vraiment heureuses et contentes de leur sort, car il y avait dans ces familles, comme dans toutes nos bonnes familles Canadiennes, tous les éléments nécessaire pour rendre heureux.

D’abord la religion, sans laquelle il n’y a point de bonheur réel, présidait à tout et établissait entre les membres de la famille, et les serviteurs mêmes, ce respect, cette obéissance, cette douceur dans le commandement qui rendent le fardeau des uns facile à porter aux autres. Quelle exactitude à faire les prières du soir et du matin et à les faire faire aux enfants ! à réciter l’Angelus, à fréquenter les sacrements ! Et le dimanche quelle exactitude et quelle régularité pour aller aux offices ! Il fallait un bien mauvais temps pour qu’on se crut dispensé d’assister, non pas seulement à la messe — on n’y manquait presque jamais — mais même aux vêpres.

Le Signe de la Croix, ce signe de victoire sur les ennemis du salut, était pour ces bons chrétiens comme le résumé de leurs profonds sentiments de religion. On le leur voyait faire partout. Le matin lorsqu’ils sortaient pour la première fois de la maison ; avant de commencer une action un peu importante ; dans un temps de tempête, à chaque éclair, le signe de la croix. Avant d’entamer un pain on faisait une croix sur ce pain avec le couteau qui souvent était le couteau plombé, si populaire autrefois.

Et la charité sous toutes les formes possibles, comme elle était généreusement pratiquée ! Donner l’aumône, donner à couvert à un pauvre, c’était pour eux un plaisir et un bonheur. Ils comprenaient qu’en donnant aux pauvres ils plaçaient à gros intérêts dans le ciel.

La pauvreté, dit-on souvent en proverbe, n’est pas un vice, mais est une grande incommodité, cela est vrai ; mais, d’un autre côté, les richesses sont une source de tant de soucis pour ce monde et de dangers pour l’éternité, qu’on peut dire que la meilleure condition de bonheur pour une famille, c’est de vivre dans une modeste et honnête aisance telle que la possède le plus grand nombre de nos cultivateurs Canadiens. (Le modus agri non ita magnus d’Horace). Aussi c’est dans la classe moyenne des citoyens de tous les pays qu’on trouve le plus grande somme de bonheur et de contentement.

Le Canadien, comme ses pères,
Aime à chanter, à s’égayer,


a dit un de nos poètes chansonniers, devenu depuis Sir George Cartier. C’est là le fond de son caractère et il nous semble que le chant d’autrefois, c’est-à-dire, d’avant 1837, répondait à ce caractère jovial bien mieux que le chant d’aujourd’hui. On chantait des cantiques, des chansons, des romances et des complaintes dont les mots et les airs se gravaient facilement dans la mémoire du peuple qui ne se lassait point de les répéter. Chacun, avec la voix telle que la nature lui avait donnée, pouvait les apprendre et les mener sur l’air, comme on dit encore quelquefois. Aujourd’hui, c’est bien différent : les chants que l’on entend sont souvent des chants qu’on pourrait appeler savants et si savants que la plupart de ceux qui les entendent sont obligés de les trouver beaux, admirables, enlevant, délirant… sans avoir pu saisir ni l’air ni les mots pour les retenir. Mais c’est la mode et qu’a-t-on à redire ?

Nous ne pouvons pas dire si aujourd’hui, à Charlesbourg, on chante encore ces joyeux refrains qu’on entendait autrefois aux noces et au foulage à bras de l’étoffe dans des espèces de canot ; ces mélancoliques complaintes qui accompagnaient le bruit du rouet des mères de la famille et de leurs filles ; ces romances. « Combien j’ai douce souvenance. » — « Pourquoi me fuir, passagère hirondelle ? » et autres dont les airs et les mots vont si bien aux âmes que l’ennui ou les chagrins poursuivent ; mais ce que nous savons c’est que, dans cette paroisse, on a conservé le goût du chant, et du bon chant, dans l’église. Aussi le chœur de l’église de Charlesbourg, comme nous l’avons déjà dit, est en bonne réputation et il la mérite. Avec l’orgue puissant qui guide ce chœur et avec la fanfare, ou bande militaire, qu’on a formée dans ces dernières années, et pour laquelle les jeunes gens de la paroisse montrent tant de zèle et d’aptitude, on fait des fêtes religieuses vraiment belles et solennelles. Si on veut s’en convaincre il n’y a qu’à se donner le plaisir d’une promenade à Charlesbourg pour assister à quelqu’une de nos fêtes religieuses et surtout à la fête de Saint-Jean-Baptiste.

Mais il est temps de terminer ces réflexions…

M. Beaudry a été remplacé par


MONSIEUR JOSEPH HOFFMAN
20ème Desservant et 11ème Curé

M. Hoffman était curé de Saint-David de l’Auberivière, lorsque le lendemain du départ de M. Beaudry, 22 octobre 1886, il a été nommé à la cure de Charlesbourg dont il a pris possession le jour de la fête même de la paroisse, 4 novembre 1886.

Nous sommes heureux de terminer cette histoire de notre paroisse natale au commencement du règne d’un curé digne de ses prédécesseurs et qui a su, en peu de temps, gagner la confiance des paroissiens de Charlesbourg avec lesquels nous faisons des vœux pour que le Bon Dieu lui accorde une longue suite d’années d’un ministère utile et fructueux.


Ad multos annos
  1. Le 17 septembre 1869, eut lieu la sépulture de M. George Jacques dit Duhaut, décédé le 14, à l’âge de 44 ans et 4 mois, curé de Saint-Stanislas dans le diocèse des Trois-Rivières. Il était enfant de la paroisse et était venu mourir chez ses parents. Ce fut le Grand-Vicaire Olivier Caron des Trois-Rivières qui présida à sa sépulture.
  2. Le 20 février de cette même année 1876 la paroisse en assemblée décida que la fabrique donnerait $550 à l’établissement du village de Saint-Pierre.
  3. Avant 1837, il n’y avait à Québec que les deux marchés de la Haute et de la Basse-Ville qui se tenaient l’un devant la Basilique et l’autre devant l’église de la Basse-Ville. Il y avait un petit étal sur le marché de la Haute-Ville près de la rue de la Fabrique, et le marché au foin et au bois se tenait sur la place de l’ancienne chapelle des Jésuites, près de la cour des bâtisses de ces Pères longtemps converties en Casernes et détruites dans ces dernières années. Le marché au foin fut transporté au Palais plus tard et alors on y construisit de nouveaux étaux pour remplacer le petit étal de la rue de la Fabrique. Ces derniers étaux n’existèrent que peu d’années et firent place aux grands étaux des marchés Champlain, Montcalm et Jacques-Cartier.