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et dans presque tous les monastères des ordres de Cluny et de Cîteaux.

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LÉGENDE, s. f. Ce mot, en architecture, s’applique aux représentations groupées, soit sculptées, soit peintes, sur mur ou sur verre, de sujets légendaires, comme, par exemple, l’histoire de l’Enfant prodigue, l’histoire du mauvais Riche, ou bien certaines vies de saints racontées dans la Légende dorée. Les portails de nos églises du moyen âge présentent souvent des sujets légendaires sculptés sur leurs soubassements à dater de la fin du XIIIe siècle. À la cathédrale d’Auxerre, au portail de la Calende de la cathédrale de Rouen, au portail occidental de celle de Lyon, on voit de très-fines sculptures représentant des sujets légendaires. Mais c’est surtout sur les vitraux que s’étendent les séries innombrables de ces sortes de sujets (voy. Vitrail).

LICE, s. f. Barrière, palissade, par extension, espace réservé entre les deux enceintes d’une ville fortifiée, ou entre les murs et les barrières extérieures (voy. Architecture Militaire). On donnait aussi le nom de lices aux champs clos destinés aux exercices, joutes, tournois, pas d’armes et jugements de Dieu.

Lorsqu’une armée campait et s’entourait de palis, on disait « sortir des lices » pour sortir de l’enceinte palissadée. Quand Harold vient de Londres au-devant de Guillaume le Bâtard, il fait placer son corps d’armée derrière des palissades. Le matin de la bataille, Harold va reconnaître l’ennemi,

« E de lor lices furz issu[1]. »

  1. Le Roman de Rou, vers 12 125.