Page:Racine - Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. Gazier, 2e éd.djvu/211

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Christ de ne les point séparer des sacrements sans leur expliquer le crime pour lequel on les en séparait. Ces requêtes firent grand bruit ; et l’archevêque, qui vit que la demande des religieuses paraissait raisonnable à tout le monde, conçut bien qu’il ne lui était pas permis de demeurer plus longtemps dans le silence. Il écrivit donc aux religieuses qu’il était juste de les satisfaire sur les difficultés qu’elles lui proposaient, et qu’il y satisferait dès que les grandes affaires de son diocèse lui en donneraient le loisir. Mais cet éclaircissement ne vint point, non plus que les réponses qu’il avait promis de faire à l’évêque d’Aleth et à d’autres prélats qui lui avaient écrit sur la même affaire ; et cependant les religieuses des Champs demeurèrent séparées des sacrements, aussi bien que leurs sœurs de Paris.

L’archevêque sentait bien, par toutes les raisons qu’on objectait tous les jours contre son mandement, et par la nécessité où il était de se contredire lui-même en mille rencontres, que sa foi humaine n’était pas si claire qu’il s’était imaginé, et il eut le déplaisir de la voir en peu de temps aussi décriée que la foi divine de M. de Marca, son prédécesseur. Pas un évêque en France ne s’avisa de la demander, ou, pour mieux dire, il n’y avait guère que dans le diocèse de Paris où l’on fût inquiété pour le formulaire. Le Père Annat crut enfin que tout le mal venait de ce qu’on ne vou-