Page:Racine - Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. Gazier, 2e éd.djvu/199

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


leurs larmes et de leurs gémissements, en leur faisant entendre qu’elles auraient bientôt de ses nouvelles.

Il leur tint parole, et huit jours après il revint, accompagné du lieutenant civil, du prévôt de l’île, du guet, de plusieurs tant exempts que commissaires, et de plus de deux cents archers, dont une partie investit la maison, et l’autre se rangea, le mousquet sur l’épaule, dans la cour. En cet équipage il se fit ouvrir la porte du monastère, et alla droit au chapitre, où il avait fait venir toutes les religieuses. Là, après leur avoir tout de nouveau reproché leur désobéissance, il tira de sa poche et lut tout haut une liste de douze des principales religieuses, au nombre desquelles était l’abbesse, qu’il avait résolu de disperser en différentes maisons[1]. Il leur commanda de sortir sur-le-champ de leur monastère, et d’entrer dans les carrosses qui les attendaient pour les mener dans les couvents où elles

  1. Voici, d’après le procès-verbal autographe, signé de 54 religieuses, les noms de celles qui furent enlevées en 1664 :
    La mère Madeleine de Sainte-Agnès.
    Le mère Catherine-Agnès-de-Saint-Paul.
    La sœur Angélique-Thérèse.
    La mère Marie-Dorothée-de-l’Incarnation.
    La sœur Marguerite-Gertrude.
    La sœur Marie-de-Sainte-Claire.
    La sœur Françoise-Louise-de-Sainte-Claire.
    La sœur Angélique-de-Saint-Jean.
    La sœur Agnès-de-la-Mère-de-Dieu.
    La sœur Madeleine-de-Sainte-Candide.
    La sœur Anne-de-Sainte-Eugénie.
    La sœur Hélène-de-Sainte-Agnès.