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morale de Jésus-Christ ? À la vérité, il paraît, par les témoignages publics de quelques prélats députés à l’Assemblée dont nous parlons, qu’ils ne purent entendre sans horreur la lecture de ces propositions des casuistes, et qu’ils furent sur le point de se boucher les oreilles, comme firent les Pères au concile de Nicée, lorsqu’ils entendirent les propositions impies d’Arius. Mais les égards qu’on avait pour les jésuites prévalurent sur cette horreur. L’Assemblée se contenta de faire dire aux curés, par les commissaires qu’elle avait nommés pour examiner leur requête, qu’étant sur le point de se séparer, et l’affaire qu’ils lui proposaient étant d’une grande discussion, elle n’avait plus assez de temps pour y travailler. Du reste, elle ordonna aux agents du clergé de faire imprimer les instructions de saint Charles sur la pénitence, et de les envoyer dans tous les diocèses, afin que cet excellent ouvrage servît comme de barrière pour arrêter le cours des nouvelles opinions sur la morale.

Quoique les jésuites n’eussent pas lieu de se plaindre de la sévérité des prélats, ils furent néanmoins très mortifiés de la publication de ce livre, sur lequel ils n’ignoraient pas que toute la doctrine du livre de la Fréquente communion était fondée. Mais ils se plaignirent surtout de l’abbé de Ciron, qu’ils accusèrent d’avoir composé la lettre circulaire des