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favorablement de leur innocence. On ne parla plus de leur ôter leurs novices ni leurs pensionnaires, et on leur laissa la liberté d’en recevoir tout autant qu’elles voudraient. M. Arnauld même recommença à se montrer, ou, pour mieux dire, s’alla replonger dans son désert avec M. d’Andilly, son frère, ses deux neveux, et M. Nicole, qui depuis deux ans ne le quittait plus, et qui était devenu le compagnon inséparable de ses travaux. Les autres solitaires y revinrent aussi peu à peu, et y recommencèrent leurs mêmes exercices de pénitence.

On songeait si peu alors à inquiéter les religieuses de Port-Royal que le cardinal de Retz leur ayant accordé un autre supérieur en la place de M. Du Saussay, qu’il avait destitué de tout emploi dans le diocèse de Paris, on ne leur fit aucune peine là-dessus, quoique M. Singlin, qui était ce nouveau supérieur, ne fût pas fort au goût de la cour, où les jésuites avaient pris un fort grand soin de le décrier. Il y avait déjà plusieurs années qu’il était confesseur de la maison de Paris, et ses sermons y attiraient quantité de monde, bien moins par la politesse de langage que par les grandes et solides vérités qu’il prêchait. On les a depuis donnés au public sous le nom d’Instructions chrétiennes et ce n’est pas un des livres les moins édifiants qui soient sortis de Port-Royal. Mais le talent où il excellait le plus, c’était dans la conduite