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CHAPITRK IX.

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fonne. DefTouz ne fçay quels autres arbres, ie vis cer- taines efpeces d’herbes, lefquelles croifToient comme piques, lances, iauelines, haiebardes, vouges, pertui- zanes, rançons, fourches, efpieux : croiffantes haut, ainfi qu’elles touchoient à l’arbre, rencontroient leurs fers & allumelles, chafcune competante à fa forte. Les arbres fuperieurs ia les auoient apprellees à leur venue & croiiïance, comme vous appreftez les robes des petis enfans, quand les voulez defmailloter. Afin que déformais n’abhorrez l’opinion de Platon, Anaxa- goras, & Democritus (Furent-ils petis philofophes } ) ces arbres nous fembloient animaux terrellres, non en ce différentes des beil : es, qu’elles n’eulTentcuir, graiffe, chair, veines, artères, liguamens, nerfs, cartilages, adenes, os, mouelle, humeurs, matrices, cerueau, & articulations, congneues : c"ar elles en ont comme bien déduit Theophrafle : mais en ce qu’elles ont la telle, c’ell le tronc, en bas : les cheueux, ce font les racines, en terre : & les pieds, ce font les rameaux, contremont : comme fi vn homme faifoit le chefne fourcheu. Et ainfi comme vous, verollcz, de loin à vos iambes ifchiatiques, à vos omoplates, fentez la venue des pluyes, des vents, du ferain, tout chan- gement de temps : aufli à leurs racines, caudices, gommes, meduUes, elles prefentent quelle forte de bafton deffouz elles croifl : & leur préparent fers & allumelles conuenantes. Vray eil qu’en toutes chofes (Dieu excepté) adulent quelquefois erreur. Nature mefme n’en ell exempte quant elle produit chofes monftrueufes & animaux difformes. Pareillement en ces arbres ie notay quelque faute, car vne demye pique croifTante hors en l’air fouz ces arbres ferre- mentiportes, & en touchant les rameaux, en lieu de fer, rencontra vn ballay : bien ce fera pour ramonner