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le tiers livre.


plus estre ouverte, munie, & armée, qu’autre partie d’icelles. Ainsi ne pourveut nature à la perpetuité de l’humain genre. Ainsi crea l’homme nud, tendre, fragile, sans armes ne offensives, ne defensives, en estat d’innocence & premier aage d’or, comme animant, non plante : comme animant (diz ie) né à paix non à guerre : animant né à ouissance mirificque de tous fruictz & plantes vegetables, animant né à domination pacificque sus toutes bestes. Advenent la multiplication de malice entre les humains en succession de l’aage de fer, et règne de Iuppiter la terre commença à produire Orties, Chardons, Espines, & telle autre manière de rebellion contre l’homme entre les vegetables : d’autre part, presque tous animaulx par fatale disposition se emancipèrent de luy, & ensemble tacitement conspirèrent plus ne le servir, plus ne luy obeir, en tant que resister pourroient, mais luy nuire scelon leur faculté & puissance. L’homme adoncques voulant la première iouissance maintenir & sa première domination continuer : non aussi povant soy commodement passer du service de plusieurs animaulx, eut necessité soy armer de nouveau. Par la dive Oye guenet (s’escrya Pantagruel) depuys les dernières pluyes tu es devenu grand lifrelofre, voyre diz ie Philosophe.

Considerez (dist Panurge) comment nature l’inspira soy armer, & quelle partie de son corps il commença premier armer. Ce feut (par la vertus Dieu) la couille, & le bon messer Priapus, quand eut faict ne la pria plus. Ainsi nous le tesmoigne le capitaine & philosophe Hebrieu Moses, affermant qu’il se arma d’une brave & gualante braguette, faicte par moult invention de feueilles de figuier : les quelles sont naïfves, & du tout commodes en dureté, incisure,