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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/430

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Comment petites pluyes abattent les grans vents.

Chapitre XLIIII.



Pantagrvel louoyt leur police & manière de vivre, & dist à leur potestat Hypenemien. Si recepvez l’opinion de Epicurus, disant le bien souverain consister en volupté, Volupté, diz ie, facile & non penible, ie vous repute bien heureux. Car vostre vivre qui est de vent, ne vous couste rien ou bien peu, il ne fault que souffler.

Voyre, respondit le Potestat. Mais en ceste vie mortelle rien n’est béat de toutes pars. Souvent quand sommes à table nous alimentans de quelque bon & grand vent de Dieu, comme de Manne celeste, aises comme pères, quelque petite pluye survient, la quelle nous le tollist & abat. Ainsi sont maints repas perduz par faulte de victuailles.

C’est, dist Panurge, comme Ienin de Quinquenays pissant sus le fessier de sa femme Quelot abatit le vent punays, qui en sortoit comme d’une magistrale Æolopyle. I’en feys naguères un dizain iolliet.

Ienin tastant un soir ses vins nouveaulx
Troubles encor & bouillans en leur lie,