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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/308

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cens six hommes de guerre tous parens, avecques cinq mille aultres soubdars tous leurs vassaulx : qui tous feurent occis, ce feut près le fleuve Cremère, qui sort du lac de Baccane. De ceste terre pour un besoing sortiront plus de trois cens mille tous parens & d’une famille.

Leurs parentez & alliances estoient de façon bien estrange. Car estans ainsi tous parens & alliez l’un de l’aultre, nous trouvasmes que persone d’eulx n’estoit père ne mère, frère ne sœur, oncle ne tante, cousin ne nepveu, gendre ne bruz, parrain ne marraine de l’aultre. Sinon vrayment un grand vieillard enasé lequel, comme ie veidz, appella une petite fille aagée de trois ou quatre ans, mon père : la petite fillette le appelloit ma fille. La parenté & alliance entre eulx, estoit que l’un appelloit une femme, ma maigre : la femme le appelloit mon marsouin, Ceulx là (disoit frère Ian) doibvroient bien sentir leur marée, quand ensemble se sont frottez leur lard.

L’un appelloit une guorgiase bachelette en soubriant. Bon iour mon estrille. Elle le resalua disant. Bon estreine mon Fauveau.

Hay, hay, hay, s’escria Panurge, venez veoir une estrille, une fau, & un veau, N’est ce Estrille fauveau ? Ce fauveau à la raye noire doibt bien souvent estre estrillé.

Un autre salua une siene mignonne disant. A dieu mon bureau. Elle luy respondit. Et vous aussi mon procès.

Par sainct Treignan (dist Gymnaste) ce procès doibt estre souvent sus ce bureau.

L’un appelloit une autre mon verd. Elle l’appelloit, son coquin.

Il y a, bien là, dist Eusthenes, du Verdcoquin.

Un aultre salua une sienne alliée disant. Bon di, ma coingnée. Elle respondit. Et à vous mon manche.

Ventre beuf, s’escria Carpalim, comment ceste coingnée est emmanchée. Comment