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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/186

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le tiers livre.


uernement de la maison, duquel l’esprit n’est poinct esguaré, qui ne pert occasion queconques de acquérir & amasser biens & richesses, qui cautement sçayt obuier es inconueniens de paoureté, vous appeliez Saige mondain, quoy que fat soit il en l’estimation des Intelligences cœlestes : ainsi faut il pour dauant icelles saige estre, ie diz sage & præsage par aspiration diuine, & apte à recepuoir benefice de diuination, se oublier soymesmes, issir hors de soymesmes, vuider ses sens de toute terrienne affection, purger son esprit de toute humaine sollicitude, & mettre tout en non chaloir. Ce que vulguairement est imputé à follie. En ceste maniere feut du vulgue imperit appellé Fatuel le grand vaticinateur Faunus filz de Picus roy des Latins. En ceste maniere voyons nous entre les Iongleurs à la distribution des rolles le personaige du Sot & du Badin estre tous iours representé par le plus perit & perfaict loueur de leur compaignie. En ceste maniere disent les Mathematiciens vn mesmes horoscope estre à la natiuité des Roys & des Sotz. Et donnent exemple de Æneas, & Chorœbus, lequel Euphorion dict auoir esté fol, qui eurent vn mesme genethliaque. Ie ne seray hors de propous, si ie vous raconte ce que dist Io. André sus vn canon de certain rescript papal addressé au Maire & Bourgeoys de la Rochelle : & apres luy Panorme en ce mesmes canon : Barbatia sus les Pandedes, & recentement Iason en ses conseilz, de Seigny Ioan fol insigne de Paris, bisayeul de Caillette. Le cas est tel.

A Paris en la roustisserie du petit Chastelet, au dauant de l’ouurouoir d’vn Roustisseur vn Faquin mangeoit son pain à la fumée du roust, & le trouuoit ainsi perfumé grandement sauoureux. Le Roustisseur