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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/145

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chapitre xxviii.


les Diables, sont par les vallées. En veulx tu veoir l’expérience ? Va on pays de Souisse : & consydere le lac de VVunderberlich à quatre lieues de Berne, tirant vers Sion. Tu me reproches mon poil grisonnant, & ne consydere poinct comment il est de la nature des pourreaux, es quelz nous voyons la teste blanche, & la queue verde droicte & viguoureuse. Vray est que en moy ie recongnois quelque signe indicatif de vieillesse. Ie diz verde vieillesse : ne le diz à personne. Il demeurera secret entre nous deux. C’est que ie trouue le vin meilleur & plus à mon goust sauoureux, que ne soulois : plus que ne soulois, ie crains la rencontre du mauuais vin. Note que cela argüe ie ne sçay quoy du ponent, & signifie que le midy est passé. Mais quoy ? Gentil compaignon tousiours, autant ou plus que iamais. Ie ne crains pas cela, de par le Diable. Ce n’est là où me deult. le crains que par quelque longue absence de nostre roy Pantagruel, au quel force est que ie face compaignie, voire allast il à tous les Diables, ma femme me face coqu. Voy là le mot peremptoire. Car tous ceulx à qui I’en ay parlé, me en menassent. Et afferment qu’il me est ainsi prædestiné des cieulx. Il n’est (respondit frère Ian) coqu, qui veult. Si tu es coqu, ergò ta femme sera belle : ergò tu seras bien traicté d’elle : ergò tu auras des amis beaucoup : ergò tu seras saulué. Ce sont Topicques monachales. Tu ne en vauldras que mieulx, pecheur. Tu ne feuz iamais si aise. Tu n’y trouueras rien moins. Ton bien acroistra d’aduentaige. S’il est ainsi prædestiné, y vouldrois tu contreuenir ? diz, Couillon flatry, C. moisy.

c. rouy.   c. chaumeny.
c. poitry d’eaue froyde.   c. pendillant.